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L’Allemagne fait pression contre le droit de veto européen

ARTICLE. Partisane depuis plusieurs années de la suppression de ce droit, l’Allemagne tente de lui substituer la majorité qualifiée. Une position facile à défendre pour un poids lourd politique et économique dont la Commission européenne suit les intérêts de près…

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Kay Nietfeld/DPA/SIPA


Cachez-moi ces États-membres réfractaires que je ne saurais voir. Telle est l’ambition de certains pays — en l’occurrence, douze dont la France — au sein de l’Union européenne. À leur tête, l’Allemagne. Ce mercredi 6 mai, lors d’un discours à la 13e conférence de la Fondation Konrad-Adenauer à Berlin, le ministre des Affaires étrangères allemand Johann Wadephul a relancé cette idée, que nos voisins d'outre-Rhin portent depuis plusieurs années.

« L’Allemagne souhaite impulser le changement et jouer un rôle déterminant au sein de l’UE » et « Bruxelles doit accélérer le rythme pour y parvenir, notamment en matière de politique étrangère et de sécurité commune », a-t-il avancé. Dans son viseur, le droit de veto qui permet aux États membres de bloquer certaines propositions en matière de politique étrangère et fiscale, notamment. « Quel est le véritable objectif du principe d’unanimité ? Ce principe a été instauré pour garantir le fondement le plus sensible de la souveraineté nationale : la politique étrangère et de défense ». Mais « que reste-t-il de cette souveraineté nationale si son exercice peut être bloqué par un seul État membre ? Rien. Elle est réduite à néant », estime le conservateur allemand, peu avare en sophismes.


Les petits États visés


L’Allemagne plaide alors pour une uniformisation de la règle de la majorité qualifiée. Sur la plupart des dossiers, elle est déjà active. Il suffit de 55 % des États représentant 65 % de la population européenne pour qu’une mesure non éligible à un véto soit adoptée. Berlin souhaite éviter que l’UE soit « prise en otage d’intérêts nationaux et étrangers ». De quoi hérisser les États membres les moins peuplés de la zone européenne. Ou ceux en perte d’influence, catégorie à laquelle semble désormais appartenir la France — pourtant elle-même de plus en plus favorable à la suppression...

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