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« Une volonté de nous faire disparaître » : un pêcheur alerte contre les normes européennes et l'avalanche de contrôles

ENTRETIEN. Fabrice Duprat est pêcheur en chalutier, implanté au Grau-du-Roi dans le Gard. Alors que la crise fait rage, il constate une recrudescence des contrôles des forces de l’ordre, poussant les pêcheurs à bout.

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© Patrick FRILET/SIPA


Front Populaire : Votre pêche est aujourd’hui dans le collimateur des agences de surveillance. Qui décide quel type et combien de poissons les chalutiers peuvent ramener au port ?

Fabrice Duprat : Ifremer, c’est un organisme qui s’occupe de faire tous les prélèvements. C’est grâce aux calculs d’Ifremer que sont fixés des quotas au niveau européen, en fonction de la mortalité des poissons évaluée, si elle est plus importante ou pas dans certains secteurs géographiques. Ces gars-là, on ne les voit jamais nulle part. Ils viennent, ils cherchent le poisson dans des endroits où il n’est pas. Ifremer, c’est un organisme qui marche avec l’État, ils sont plutôt écologistes et de gauche. S’ils peuvent nous faire disparaître, ça les arrange.


Front Populaire : Derrière ces agences, il y a les normes. Quel est leur but ? On imagine bien qu’elles ne sont pas là par hasard ?

Fabrice Duprat : Honnêtement, que ça soit pour le merlu, que ça soit pour le rouget ou que ça soit sur la lotte, ces normes n’ont aucun sens. C’est simplement une volonté de nous faire disparaître. C’est comme ça. Imaginez, il y a 15 ans, en Méditerranée il y avait 250 chalutiers comme nous. Aujourd'hui, on se retrouve à 47. Logiquement, on devrait crouler sous le poisson. C’est en partie vrai, mais parce qu’on est beaucoup moins de bateaux à travailler.


Front Populaire : Vous dites « vous faire disparaître ». Concrètement, que cela veut-il dire ?

Fabrice Duprat : Les efforts, on les a faits en suivant un plan européen qui s’appelle le plan Westmed. Il nous impose des kilomètres carrés entiers de zones de pêche où l'on n’a plus le droit de pêcher. La France est le pays qui a fermé le plus de kilomètres carrés de pêche, alors qu'on avait plus de 6 000 ouverts à la pêche. Ça fait des années...

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