Internationalsouveraineté numérique

L'OMC contre la souveraineté numérique ?

24/11/2020

ARTICLE. L’OMC a sorti hier son rapport annuel sur le commerce mondial. La crise sanitaire ayant fait la part belle à l’économie numérique, l’institution appelle à une coordination internationale de gestion des données pour éviter les conflits de souverainetés.

L'OMC contre la souveraineté numérique ?

Dans son rapport annuel sur le commerce mondial, publié hier, l’Organisation mondiale du commerce (OMC) se désole de l’absence de coordination mondiale dans les planifications industrielles des États concernant la transition numérique. Ce qui correspond chez nous au « Pacte Productif 2025 » - annoncé en 2019 par le président de la République et qui définit l’horizon industriel français, notamment dans le volet numérique – a en effet des déclinaisons dans de nombreux pays du monde, notamment aux États-Unis, en Allemagne ou au Japon.

Tous ces plans mis en œuvre consacrent le retour en force des gouvernements pour soutenir leur économie. L’idée est d’encourager à l’échelle nationale – et européenne pour les États membres de l’UE - l'essor des nouvelles technologies à l'heure d’une économie mondiale toujours plus numérisée. Une organisation fondée sur la tentative, pour chaque Etat, de tirer son épingle du jeu dans un monde où les données numériques deviennent un enjeu de premier plan.

C’est cette souveraineté numérique que l’OMC voit d’un mauvais œil car elle va à l’encontre de la libre circulation des données. Or dans une économie mondiale numérique, les « datas » sont de la matière première au même titre que le pétrole. Comme le constate l’OMC à juste titre, les données numériques « sont devenues des intrants dans tous les aspects de la vie économique », soit un élément indispensable de tout processus de production quel qu’il soit. L’institution ajoute dans son rapport : « Leurs quantités et leur hétérogénéité seront cruciales pour la mise au point de systèmes d’intelligence artificielle. »

A bien comprendre les recommandations de l’OMC, il faudrait limiter au maximum la restriction de circulation des données numériques pour encourager le développement de l’intelligence artificielle et encourager l’émergence d’une quatrième révolution industrielle. Rappelons au passage que nous sommes actuellement...

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