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Algérie : le peuple « entre-deux-rives »

09/06/2021

OPINION. Trop souvent résumée à la colonisation française, l’histoire de l'Algérie est surtout celle d’une terre d’espoir et de conquête, d’un véritable carrefour culturel, mais qui n’est jamais réellement parvenu à affirmer son identité.

Algérie : le peuple « entre-deux-rives »

Sous le venin de certains vocables dont les lettres semblent soudées à jamais, vouées à la haine, plombées par le ressentiment, l’on se doit d’ouvrir leurs ailes engluées afin de déployer leur signification cachée. C’est le cas du mot « colonisation ». Mot piégé par excellence, explosif par sa proximité sensible d’avec les populations encore concernées, explosif aussi par ses connotations réduites à une binarité facile et trompeuse des dominants/dominés, des inclus/exclus, des indigènes/étrangers, des possédés/possesseurs, des victimes/coupables.

L’histoire, mais également le témoignage, peut nous rendre une autre Algérie, souvent assignée à son univocité. La possession par la force d’une terre étrangère est en soi un méfait à réprouver, surtout si cette contrée a gagné son identité au fil des siècles, en assimilant des apports successifs pour s’inscrire dans une civilisation. À l’époque, en 1830, la régence d’Alger et Hussein Dey, dépendant du sultan d’Istanbul, n’avait pas l’autonomie d’une nation ni sa souveraineté. D’autant plus que cette région avait subi et subissait encore combien d’autres humiliations (massacres respectifs pendant les occupations musulmanes et ottomanes) ? Le nom même d’Algérie lui fut attribué bien plus tard en 1839 par Antoine Virgile Schneider. On connaissait conjointement ses multiples razzias barbaresques écumant les mers pour spolier biens et humains réduits à l’esclavage. Charles X décide d’y envoyer une armada afin de réparer un affront fait par le dey d’Alger envers le consul de France, Pierre Deval, au sujet d’un impayé de blé, et de réduire les repaires de corsaires puis mettre fin à l’esclavage. Ce fut le débarquement de Sidi-Ferruch et ses milliers de morts à la suite d’âpres batailles. Il ne s’agissait pas alors de confisquer de quelconques terres, mais plutôt d’asseoir la puissance d’une royauté en manque de reconnaissance. Une résistance fut vaillamment menée par le natif de Mascara Abd al-Kader...

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