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Annecy : quand la Providence choisit son héros

CONTRIBUTION / ANALYSE. L'attaque du 8 juin à Annecy a montré au monde entier l'horreur dont nos sociétés globalisées peuvent être capables. Mais elle a aussi montré le meilleur en la personne de Henri d'Anselme, le « héros au sac à dos » qui n'a écouté que son courage pour combattre l'assaillant.

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La tragédie d’Annecy renvoie à la routine de ce qu’est devenu le terrorisme après les massacres de Charlie et du Bataclan. Plus d’armes de guerre, plus d’attaques massives, plus de bombes à retardement, le gros des affrontements se fait désormais à coups de couteaux maniés par des loups solitaires. Jusqu’alors, les tragédies successives sur notre sol prenaient notamment leurs racines dans le chaos du Moyen-Orient consécutif aux interventions voulues par les néoconservateurs de Washington et soutenues dans notre pays par des dirigeants se comportant en vassaux de l’hegemon américain. Ainsi, de Samuel Paty à Alban Gervaise en passant par Hervé Cornara, Laura et Mauranne, Arnaud Beltrame et tant d’autres, la liste des victimes de ce terrorisme du quotidien s’allonge. Et provoque à chaque fois le jeu de rôle politicien assez écœurant que l’on peut attendre d’une société à la dérive.

Mais cette fois-ci, à Annecy, nous avons franchi un cap : l’attaque était dirigée contre l’innocence incarnée, celle des enfants, et pire encore, celle des bébés. Spectacle horrifiant que celui offert par ces vidéos montrant l’assaillant se précipiter sur des poussettes pour essayer de poignarder leurs occupants. Alors, bien sûr, dans un premier temps, en entendant les hurlements, la colère nous submerge, la panique, la sidération devant la violence des images. Et puis l’on voit sur certaines d’entre elles un jeune homme long comme un jour sans pain et pas bien épais, manifestement étranger aux techniques de combat rapproché, s’avancer courageusement vers le tueur en utilisant son sac à dos pour le repousser et parer les coups, puis le poursuivre afin de l’éloigner du parc rempli d’enfants où il avait choisi de trouver ses victimes.

Comme d’habitude, alors qu’on apprenait l’origine syrienne du tueur et son statut de demandeur d’asile, un festival de réactions toutes plus prévisibles les unes que les...

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