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Archéologie préventive : une discipline à protéger, un patrimoine à préserver

OPINION. Entre libéralisation, privatisation et précarisation, l’archéologie préventive est une discipline bien malmenée. Il y a pourtant tant à faire pour revaloriser cette exception française si essentielle à la préservation et à la transmission de notre patrimoine.

Archéologie préventive : une discipline à protéger, un patrimoine à préserver

L’archéologie préventive intervient en amont des travaux de construction publics ou privés, tels que des lotissements, des zones d’aménagement concerté (ZAC), ou grands tracés d’infrastructures. Elle se différencie de l’archéologie programmée, organisée autour des universités et des laboratoires du CNRS. Il s’agit d’aller fouiller sur un site (pas forcément menacé) plusieurs années de suite, à la belle saison avec une équipe de bénévoles (des étudiants la plupart du temps). L’archéologie préventive est organisée autour de l’Institut national des recherches archéologiques préventives (l’Inrap est un établissement public), des collectivités territoriales et des sociétés privées d’archéologie ayant reçu un agrément de l’État. Elle permet de fouiller et de connaître des sites avant leur destruction. Les fouilles ont lieu toute l’année, par tous les temps, et sont effectuées par des professionnels.

La France est le seul pays au monde à s’être doté d’une telle structure afin de sauvegarder son patrimoine historique et culturel. Mais cette particularité se paye cher. En effet, l’institut public en charge de cette activité, l’Inrap (créé en 2002 et je passe sur l’histoire de l’archéologie préventive avant cette date, qui existe, mais qui est longue) ne possède pas le statut lui permettant de mener à bien cette mission de service public. Comment est-ce possible ? En 2002, la droite de Sarkozy est au pouvoir. Si l’idée d’une protection de notre patrimoine s’impose, hors de question pour ces néolibéraux de s’en remettre entièrement à l’État. L’Inrap ne sera donc pas un établissement public scientifique comme le CNRS par exemple, mais… un établissement public administratif (EPA) ! Ligoté et contraint de toutes parts par des règles aussi absurdes qu’ubuesques, son fonctionnement administratif est en totale contradiction avec son fonctionnement scientifique et sa vocation culturelle.

Et en 2003, le gouvernement libéralise le « marché » de l’archéologie. Oui, vous avez bien lu...

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