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De l’inéducation nationale, ou chronique d’une mort annoncée

CONTRIBUTION / OPINION. L'école sert-elle encore à apprendre ? Entre directives absconses et laxistes, numérisation à marche forcée, exigence en baisse constante et épisodes caniculaires mal gérés, la réponse tend chaque jour plus vers la négative. Notre contributrice parle d'expérience.

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© Syspeo/SIPA


Sans vouloir basculer dans une plainte égocentrée souvent estampillée à regrets comme franco-française, j’aimerais vous partager quelques anecdotes « réelles » à chaud et particulièrement illustratives du délitement annoncé depuis longtemps de l’ Education Nationale (cf. La Fabrique du crétin de Jean-Paul Brighelli paru en 2005, Cassandre contemporain...) .

Parce que le diable se niche dans les détails.

Baccalauréat session 2026. Alors qu’une énième vague de chaleur précoce pour la saison et « sans précédent » touche l’Hexagone (mais ni les DOM et les COM extra-métropolitaines en revanche ne sont touchées durant la période scolaire : je le sais bien pour avoir enseigné aux Îles Marquises durant quatre années, et ce sans climatisation...), me voilà convoquée très officiellement par mes supérieurs hiérarchiques pour corriger les symboliques épreuves anticipées de français pour l’examen du baccalauréat (non, ni du bac à sable, ni du bac à glace...). Quel honneur ! Quand je pense que les pauvres lycéens devront subir quelques torrides minutes de réflexion, leur occasionnant maintes souffrances altérant leurs facultés intellectuelles ; me voilà tout à coup empathique... Mais les examinateurs quant à eux ne seront pas évoqués par les médias émus. Ils sont rémunérés « grassement » pour la mission, après tout. Pourquoi les plaindre ?

Première déconvenue : je ne verrai physiquement ni mes collègues, ni mes supérieurs hiérarchiques, étant sommée d’assister à une « visio » à mon domicile sur un écran, d’après un lien internet énigmatique reçu sur une de mes multiples plateformes numériques professionnelles (schizophrénie contemporaine oblige). Réalité virtuelle actuelle.

Deuxième déconvenue : je me verrai dans l’obligation, toujours professionnelle et déontologique, de corriger des copies « dématérialisées », sur l’écran de mon ordinateur personnel. La même « réalité virtuelle », si chère à Musk. L’importance de l’écrit remis au goût du jour somme toute...Un écran qui me coupe d’une correction manuscrite. Mais on pourra en revanche aisément surveiller le temps que j’ai passé...

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