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Discours du ministre de l’Intérieur à la Grande Mosquée de Paris : une allégeance peut en cacher deux autres

CONTRIBUTION / OPINION. À la faveur de récentes polémiques, le concept éthologique d' « allégeance » s'est retrouvé sous les projecteurs médiatiques. En parallèle, ailleurs dans l'actualité, le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez  en visite à la Grande Mosquée de Paris en offrait un éloquent exemple, note notre contributeur.

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© Eliot Blondet -Pool/SIPA


Ces derniers jours, il a beaucoup été question « d’allégeance », notamment avec le procès à charge fait à Michel Onfray par le tribunal médiatique de la Sainte Inquisition wokiste…

Le philosophe serait donc facho/raciste/nazi (et sans doute un grand massacreur de chatons) parce qu’il a relevé une certaine « logique tribale », ainsi qu’une dimension féodale, dans les propos du nouveau maire de Saint-Denis, lequel avait évoqué la nécessité de faire « allégeance » au vainqueur après une compétition sportive ou un scrutin. Cette expression de M. Bally Bagayoko pose effectivement problème dans la mesure où prêter allégeance signifie être fidèle, obéissant et soumis en toutes circonstance à un suzerain, ce qui est totalement incompatible avec le fonctionnement démocratique qui implique, bien sûr, de respecter celui qui est élu, mais qui permet également à l’opposition d’exister et de s’exprimer librement. Quand tout le monde est contraint de prêter allégeance au chef ou de s’exiler, cela s’appelle la dictature ou la monarchie absolue (1).

Par ailleurs, on regrettera que l’édile dionysien fraîchement élu n’ait pas développé son raisonnement jusqu’au bout puisqu’il a omis de préciser comment il comptait procéder pour rallier sous sa bannière ceux qui refuseraient de lui prêter allégeance… Toutefois, Saint-Denis n’étant pas Lyon et M. Bagayoko, diplômé de l’Université Paris-VIII, étant un homme intellectuellement solide, il est permis de penser qu’il usera de son art oratoire, plutôt que d’avoir recours aux miliciens antifas de la Jeune Garde, afin de convaincre les éventuels récalcitrants de lui prêter cette fameuse allégeance à laquelle il semble tant tenir.

Sur un mode plus léger et en appliquant la pensée (?) LFIste à…LFI, nous constatons que le mot « allégeance » – qui appartient au registre soutenu – se traduit par « lécher les bottes » en langage populaire. Les bottes ? Mais quelle horreur ! Au secours, le nouveau maire de Saint-Denis...

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