Du patriotisme comme amour de la vie
CONTRIBUTION / OPINION. Mourir pour la patrie ? Dans la France de 2026, avec ses guerres (lointaines) et son érosion démographique (très proche), la proposition peut sembler incongrue. Mais l'histoire et les lettres regorgent d'exemples, qui sont autant d'enseignements à même d'éclairer notre jugement. Parmi lesquels le fait que hier comme aujourd'hui, penser la guerre, le sacrifice, la mort, implique aussi de penser la vie.
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Pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale, la France perd des êtres humains. Les femmes françaises font moins d’enfants qu’il ne meurt de Français. Le chiffre du solde naturel de la population donné par l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) est implacable : 645 000 naissances ont été enregistrées pour 651 000 décès, soit un manque à gagner de six mille âmes. C’est donc le moment, entre tous, de rappeler le prix inestimable de la vie humaine, et spécialement des vies françaises.
Du même coup, un passage du discours prononcé par le chef d’état-major de l’armée, le général Fabien Mandon, le 18 novembre 2025, devant l’Association des maires de France, déjà quelque peu critiqué à l’époque, prend aujourd’hui une résonance particulière. Notre chef nous appelait, à juste titre, à un sursaut moral. Mais il nous y exhortait en parlant le langage du deuil (et subsidiairement celui de la fiscalité) :
« Si notre pays flanche parce qu’il n’est pas prêt à accepter de perdre ses enfants, de souffrir économiquement parce que les priorités iront à la production de défense, alors on est en risque. »
La phrase, naguère, en a choqué quelques-uns, qui y ont vu l’annonce, à demi-mot, d’une confrontation directe avec une puissance nucléaire redoutable, en opposition avec la doctrine française de la dissuasion selon laquelle deux forces nucléaires ne doivent pas s’affronter, afin d’éviter l’Apocalypse. Au demeurant, le discours expose un certain nombre de vérités que le chef d’état-major des armées avait raison de rappeler à ceux-là mêmes qui sont les premiers représentants de la société civile. Cette exhortation n’est que le fruit d’un constat assez amer : la faiblesse des Européens sur la scène internationale. Une faiblesse non pas seulement matérielle et militaire, mais aussi morale.
Faible Europe
Une faiblesse d’autant plus dommageable...
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