Ne pas faire d’enfant : une exigence morale en devenir ?
CONTRIBUTION / OPINION. La baisse de la natalité en Occident cache une mutation profonde : la moralisation de la procréation. De l’activisme écologique aux thèses de David Benatar, transmettre la vie est désormais un choix contesté. L'Occident en est réduite à douter de son droit à l'avenir.
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Il fut un temps où les comportements jugés moralement condamnables allaient de soi. Qui peut raisonnablement défendre le fait de nuire à autrui, porter atteinte à son intégrité ou dégrader volontairement l’environnement ?
Aujourd’hui, ce périmètre s’élargit. Des gestes du quotidien, comme se déplacer en voiture ou à moto, consommer de la viande, chauffer son logement ou acheter des produits venant de loin, font désormais l’objet d’un jugement moral. D’autres pratiques, plus occasionnelles, comme prendre l’avion ou simplement organiser un barbecue, n’y échappent plus.
Où placer le curseur entre la recherche du bien commun — si tant est qu’une définition partagée soit encore possible — et des contraintes qui s’apparentent à un grignotage lent et insidieux des libertés individuelles ?
Avec l’écologie, une forme de morale « verte » tend à s’imposer aux individus. Elle s’appuie sur un objectif dont l’énoncé pose problème : « sauver la planète ». Cette formulation entretient une confusion. À très long terme, sur des échelles de plusieurs milliards d’années, l’évolution même de l’astre rendra la vie impossible — voire, selon certaines hypothèses, conduira à sa disparition — indépendamment de toute action humaine. Il ne s’agit pas de sauver la planète en tant que telle, mais de préserver, autant que possible, les conditions de vie des espèces qui l’habitent — et, en premier lieu, celles de l’homme.
Jusqu’où cette logique de « pureté morale », portée par les injonctions écologiques, peut-elle nous conduire ? Poussée à l’extrême, elle peut mener à des raisonnements qui confinent à l’absurde. À tel point que certains en viennent à envisager l’effacement lui-même. Faut-il, par peur de disparaître, choisir de disparaître ? Autrement dit : faut-il encore faire des enfants ?
Dans la plupart des sociétés occidentales, la natalité recule de manière continue. En Europe, le taux moyen de fécondité se situe désormais autour de 1,5 enfant par femme, bien en dessous du...
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