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Immigration : un dilemme cornélien

OPINION. L’actuelle crise migratoire à la frontière entre la Pologne et la Biélorussie illustre une fois encore la difficulté pour un État de trancher le conflit moral entre ses propres intérêts et les drames humains, surtout lorsque ceux-ci sont instrumentalisés.

Immigration : un dilemme cornélien


En ce dimanche matin, avant-garde maussade d’un hiver froid et venteux, j’avais décidé d’écouter France Inter pour agrémenter d’une pulsion perverse ma séance de repassage. Oui, mesdames et demoiselles, vous ne rêvez pas ! Un homme non déconstruit peut aussi s’adonner au maniement délicat de la centrale à vapeur afin de décharger sa compagne de ces contraintes triviales comme de sa charge mentale. Je le reconnais avec humilité ; dans notre époque post-moderne, ce sont quelquefois les femmes qui font bouillir la marmite des écrivains maudits.

Ferraillant contre les plis rebelles, j’écoutais donc le reportage captivant de Radio Pravda. L’émission Interception relatait l’histoire d’une famille de réfugiés afghans suivie des commentaires très favorables d’un responsable de l’OFPRA quant à la suite de l’instruction de leur dossier. Mon hémisphère gauche assoupi s’étant imprégné de cette bienveillance distillée, je m’en suis trouvé quasiment convaincu. Dans ces propos rapportés, pas de misérabilisme larmoyant, mais des paroles sincères d’un Kaboulien de bon niveau ayant collaboré avec l’armée française et celles de son aimable épouse pensant à l’avenir de ses enfants. Tous deux disaient avoir recouvré la paix et la liberté dans notre pays d’accueil. À aucun moment il ne fut précisé si elle se déplaçait encore voilée dans nos contrées. Il ne faut pas trop en demander à des personnes d’aussi bonne volonté.

C’est là où l’on peut voir que la réalité a de multiples facettes. La relativité des opinions est une question de points de vue. Dans cet exemple, elle dépend de la ligne éditoriale de journalistes publics qui ont fait le choix d’un sujet corroborant leurs présupposés en échos déformés du féroce Jean Yanne : « Tout le monde il est beau et tout le monde il est gentil. » D’autres médias, dotés de sensibilités politiques radicalement opposées, auraient mis l’accent sur...

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