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Internet : après l’utopie, la désillusion

OPINION. Initialement destiné à être un outil émancipateur et de partage de la connaissance universelle, Internet a montré au fil des décennies un tout autre visage : celui d’une machine à aliéner l’homme, qui se retrouve désormais réduit à son animalité de consommateur.

Internet : après l’utopie, la désillusion


L’univers infini des nouvelles applications Internet, dont la découverte peut rendre richissime son inventeur, est destiné à l’amélioration obsessionnelle et vertigineuse de l’achat et de la vente. On aurait pu imaginer que ces recherches de plus en plus complexes faciliteraient l’accès de tous à la connaissance, permettraient de tenter de répondre au questionnement du sens de la vie, de résoudre la grande énigme : « d’où venons-nous, qui sommes-nous, où allons-nous », que Gauguin avait posé simplement avec des pigments et des pinceaux, ou de trouver quelle était la structure fondamentale du monde, puisque du fond de sa barque de pêche et dans sa maison éclairée par des torches, Anaximandre avait imaginé que ce puisse être l’Apeiron, l’illimité. L’homme ayant pu, avec une absence totale de moyens techniques, s’élancer vers l’univers des Dieux, on pouvait espérer qu’avec cette prodigieuse invention, on percerait, les uns après les autres les secrets de la destinée humaine.

Hélas, les décisions de l’Olympe furent impitoyables et si elle avait accepté de se laisser approcher par de simples mortels effrayés et respectueux, elle se vengea dès qu’elle comprit qu’avec ses inventions nouvelles, l’humanité voulait se détourner d’elle, voire nier son existence. Pour avoir dérobé le feu du Ciel, Prométhée fut attaché à un rocher et eut son foie dévoré quotidiennement par un aigle, pour avoir inventé Internet, les humains seront condamnés à ne faire que ce qu’il y a de plus médiocre en eux, l’accomplissement de pulsions infantiles dont ils avaient espéré s’affranchir, en regardant le Ciel, à savoir vendre et acheter. Ainsi s’établit le règne des désirs médiocres se multipliant à l’infini et dont la fréquence s’accélère, irrésistiblement, où obéissant, l’homme comme un drogué, achète, achète sans cesse, les petits désirs engendrant des désirs misérables, le monde n’étant plus alors qu’un manque, à l’évidence, toujours...

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