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Le « populisme judiciaire », il y a le bon… et il y a le mauvais

OPINION/ANALYSE. Le Monde s'est récemment fendu d'un article dans lequel le quotidien regrette la montée d'un « populisme judiciaire » au sein de la population française. Pour Régis de Castelnau, si certaines indignations de ce petit monde bien-pensant sont légitimes, elles sont tout de même à géométrie variable…

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Les belles âmes s’inquiètent. Et le quotidien Le Monde, qui fait office d’organe central de leur parti, relaie leurs inquiétudes. Dans un article du 23 janvier dernier intitulé « Les professionnels du droit inquiets de la montée d’un populisme judiciaire », le journal rapporte que ces professionnels « dénoncent un tribunal médiatique qui met en danger la présomption d’innocence ou le droit à un procès équitable ».

Enfoncer des portes ouvertes


La belle affaire que ce constat qui consiste à doctement enfoncer des portes ouvertes. Parce que ce « populisme judiciaire » qui fait craindre que la foule prenne le pas sur la Justice est aussi vieux que la justice. La tentation de la loi de Lynch est toujours présente, ceux qui composent la meute, traitant ainsi l’angoisse que lui procure le crime et assouvissant la part anthropologique irréductible de la vengeance. La violence légitime dont l’État s’est attribué le monopole vise à la réparation par la punition du préjudice général fait à la collectivité par la transgression des règles communes. Mais aussi par la prise en charge de la protection des victimes, et la publicité donnée à l’acte de justice qui doit aussi dissuader les criminels. Tout ceci est bien joli, mais il ne faut pas oublier que la justice des Hommes est rendue par des Hommes et qu’elle est par conséquent souvent insatisfaisante.

Ce petit préalable « théorique » étant fait, que nous raconte l’article ? On nous offre une description du « populisme judiciaire» qui ne pointe finalement que dans une direction, celle de l’insatisfaction qui s’exprime dans les couches populaires face à la montée d’une délinquance de plus en plus violente. Et à ces vilaines couches populaires, laborieuses et par conséquent dangereuses, premières confrontées à cette montée de l’insécurité, les belles âmes vont faire la leçon. Avec évidemment de très...

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