Opération américaine contre le Venezuela : le droit international à l'épreuve de l'impérialisme
ENTRETIEN. Le coup de force des États-Unis le 3 janvier au Venezuela a propulsé au cœur du débat public le sujet de l'impérialisme américain et de la légèreté avec laquelle celui-ci traite le droit international. Éric Desmons et Xavier Souvignet, agrégés de droit public, ont répondu à nos questions.
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Front Populaire : On a beaucoup parlé du droit international et de son piétinement par les États-Unis lors de leur opération du 3 janvier au Venezuela, État souverain. A quoi sert le droit international si la « raison du plus fort » est toujours la meilleure ?
Xavier Souvignet : En l’absence – heureuse – de souverain détenant à l’échelle mondiale le monopole de la production du droit et celui de le faire respecter, il est évident que les normes du droit international demeurent souvent dotées d’une effectivité relative. Quand par surcroît l’Etat qui viole ces normes est économiquement et militairement puissant, voire quand il est le plus puissant du monde comme le demeurent encore les Etats-Unis, les chances d’en subir les conséquences apparaissent très théoriques.
Pourtant il serait bien hâtif, me semble-t-il, d’opposer « droit international » et « raison du plus fort », puisque la promotion du droit international peut tout à fait constituer l’une des manifestations de la puissance de certains Etats. On ne comprendrait pas sinon pourquoi les grandes puissances ont voulu bâtir au sortir de la Seconde Guerre mondiale un système – celui de l’ONU – fondé sur l’égalité souveraine des Etats et la poursuite de la paix et de la sécurité internationale : le respect du droit et la défense de leurs intérêts ne s’opposaient pas nécessairement.
Que le plus fort ait toujours intérêt à convertir « sa force en droit et l’obéissance en devoir » selon le mot de Rousseau, cela devrait constituer une vue assez banale aujourd’hui. Mais au-delà de ce constat réaliste, le droit international – et le droit en général – vise surtout à fournir des modèles de comportement en vue d’atteindre certaines finalités ; ainsi l’autorité du droit international que nous connaissions jusque-là reposait moins sur son caractère contraignant – il l’était fort peu – que sur la légitimité des modèles qu’il proposait...
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