Le terrorisme islamiste : seule menace existentielle
CONTRIBUTION / OPINION. Tandis que certains agitent le spectre d’une invasion russe imaginaire, une menace bien plus tangible pèse sur la France : le terrorisme islamiste. Face à cette menace protéiforme, la réaction est insuffisante et les failles de l’État aggravent le risque sécuritaire et sociétal.
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Les récents effets d’annonce de l’Élysée sur un très hypothétique, pour ne pas dire imaginaire, risque d’invasion russe ainsi que les balbutiements coupables de LFI refusant de qualifier le terrorisme islamiste de menace existentielle ne doivent pas faire occulter que ce dernier demeure à ce jour le risque majeur planant sur notre société. Parler de menace existentielle n’a rien d’excessif au regard des formes diverses qu’il prend ainsi que des effets dévastateurs et profonds qu’il pourrait avoir sur l’idée même que nous nous faisons de notre société.
Une variété des modes opératoires déstabilisante
Le XXIe siècle a été marqué par un nombre croissant d’attentats islamistes. Certains d’entre eux ont constitué des tournants, que ce soit à l’échelle mondiale ou nationale. Les évènements du 11 septembre 2001 restent à ce jour clefs en ce qu’ils ont non seulement déclenché la « guerre contre le terrorisme » menée par les États-Unis, mais aussi révélée au grand public l’idéologie les ayant motivés. Le monde entier prenait alors connaissance du terrorisme islamiste et de sa finalité : anéantir l’Occident et le mode de vie démocratique des différents pays qui le composent.
L’attentat de Mulhouse est venu rappeler que la France est le pays de l’Union européenne qui a subi le plus d’attentats islamistes entre le 11 mars 2012 et le 12 avril 2024. Durant cette période, notre pays a été frappé par 58 attentats motivés par cette idéologie, causant la mort de 302 personnes. Le modus operandi des terroristes implique tout autant des attaques organisées de l’extérieur que des actions individuelles entreprises à l’initiative d’individus présents sur le territoire français.
Cette menace endogène que font peser ceux que l’on désigne désormais comme des « loups solitaires » brouille les pistes en ce qu’ils sont plus difficiles à détecter et à appréhender. Leur imprévisibilité, couplée à une couverture médiatique majoritaire...