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« Less is more » : ou quand moins d’État signifie plus d’État

CONTRIBUTION / OPINION. Faut-il réduire le périmètre de l’État pour le sauver, et sauver la société française ? C’est ce que pense notre lecteur, qui appelle à recentrer l’action publique sur ses missions régaliennes.

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« Le gouvernement n’est pas la solution, le gouvernement est le problème. » En pleine campagne présidentielle en 1980, Ronald Reagan lance ce pavé à la face de Jimmy Carter. Il est aux Républicains ce que Kennedy était aux Démocrates vingt ans plus tôt : «Ne demandez pas ce que le pays peut faire pour vous, demandez-vous ce que vous pouvez faire pour votre pays. » C’est le début des « reaganomics », centrés sur le recul du périmètre de l’État, et la théorie du ruissellement, le « trickle down », en même temps que la réaffirmation de sa force quand il règle une grève des contrôleurs aériens en les licenciant. Après des débuts chaotiques, il fut réélu triomphalement dans 49 États et avec 525 votes de grands électeurs, contre 2 États et 13 votes à Walter Mondale : un plébiscite !


Un État impotent


La France cherche son Reagan. Aujourd’hui, l’État a perdu la raison, sa vision, ses priorités quand il délibère interministériellement sur les punaises de lits qui ne présentent aucun enjeu de santé publique. Avant les législatives de 2022, le Figaro magazine s’interrogeait sur Emmanuel Macron : « Mais où va-t-il ? ». L’État est rendu à l’impuissance. Alors il s’immisce partout. Il légifère sur la vie des gens quand il ne lui reste plus que ça qu’il peut encore changer.

Puis il aura suffi que Macron décide que « le temps de l’abondance [était] révolu » pour mettre un terme à son dispendieux « quoiqu’il en coûte ». Et à chaque fois, sa décision est solitaire. Quelques esprits chagrins auront remarqué que le « quoiqu’il en coûte » précéda sa réélection, quand la fin de l’abondance lui succéda. Une coïncidence, certainement.

La réalité est que Macron s’est affranchi de la politique au bénéfice de la technocratie qui sue de son gouvernement. Il a enjambé les campagnes en 2022, faisant semblant de « travailler »...

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