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L’odeur fétide du mépris

OPINION. "Chez Zemmour, on retrouve les Français de chez Français, ceux qui puent un peu des pieds." La récente sortie de Jean-Michel Aphatie, aussi méprisante que symptomatique du dédain de la gauche morale pour le Français "ordinaire", n'est pas passée inaperçue. 

L’odeur fétide du mépris


Pour ceux que l’on appelait les « Pieds-noirs », ce n’était pas l’époque de la mobilité, mais celle de l’ancrage. Partir était une déchirure. Ils n’étaient pas que français de confession juive ou chrétienne, mais aussi italiens. En arrivant au port de Marseille, ils entraient dans cet exil silencieux dont les enfants ne connaitront que les manifestations extérieures : la persévérance, la détermination, le partage et le respect.

Soixante ans plus tard, ces enfants de Pieds-noirs sont qualifiés de Français qui puent un peu des pieds par la police morale. Fidèle au mitterrandisme suffisant, Jean-Michel Aphatie, l’auteur de cette formule, est le fils rêvé d’un Pierre Joxe qui avait raillé en son temps les chaussettes de Pierre Bérégovoy [1]. Cyrano en aurait fait une tirade acerbe, tellement la voute plantaire semble aussi sujette à raillerie que son appendice nasal. Jean-Michel Apathie n’est pas seul. Ils sont nombreux, ces prétendus défenseurs de l’humanisme, du mondialisme et de l’antiracisme se réclamant de la seule et unique gauche, à utiliser l’insulte et le vulgaire pour vomir leurs semblables qui se sont élevés en silence, par l’effort, en dehors du communautarisme, plutôt que par la ruse, le clientélisme et la victimisation.

Mais autant les adversaires de Cyrano étaient des envieux, jaloux de son éloquence et de son courage, autant les rivaux des Français qui puent un peu des pieds sont des couards, jaloux d’une réussite qu’ils ne peuvent qu’envier. Parce qu’ils ont tout eu, ils ne peuvent que salir ceux qui ont tout pris parce qu’on ne leur a rien donné.

En débarquant du bateau, les aînés de ces Français qui puent un peu des pieds n’avaient ni d’aide au logement, ni Pôle emploi et encore moins de RSA. Chez ceux-là, on était souvent analphabète. Il fallait pourtant avancer en serrant les dents....

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