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Mélenchon, le pire de Mitterrand et de Macron

CONTRIBUTION / OPINION. Le patron de La France insoumise vise pour la quatrième fois d'affilée l'Elysée, promettant une rupture radicale articulée autour du principe de « Nouvelle France ». Notre contributeur identifie deux grandes filiations politiques dont il estime que Jean-Luc Mélenchon est la synthèse.

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© Stephane Lemouton/SIPA


Mélenchon se présente comme celui qui rompra avec la Ve République, l’oligarchie, l’ordre économique et les institutions européennes. Il promet une révolution citoyenne, une Constituante, une nouvelle République et, désormais, l’avènement politique d’une « nouvelle France ». Le décor emprunte à 1792-1793. Le peuple reprend sa souveraineté, renverse les privilèges et chasse une oligarchie qui aurait remplacé l’aristocratie. Pour lui, un nouvel Ancien Régime se serait reconstitué derrière la démocratie formelle. Les nobles auraient disparu, mais l’oligarchie économique, médiatique, administrative et européenne aurait pris leur place. Les privilèges ne seraient plus inscrits dans la loi, mais découleraient du contrôle du capital, des médias, des institutions et des réseaux.

Je reprendrais volontiers cette critique à mon compte. Le problème est que le mélenchonisme ne s’arrête pas là. Pour conquérir la gauche, il ne redéfinit pas seulement l’adversaire. Il redéfinit aussi le peuple appelé à accomplir la révolution.


Le peuple n’est plus tout à fait le peuple


Dans la tradition républicaine, le peuple désigne l’ensemble des citoyens, quelles que soient leurs opinions, leurs origines ou leur condition sociale.

Chez Mélenchon, tous en font encore juridiquement partie. Mais ceux qui subiraient une domination économique, sociale, raciale, sexuelle ou culturelle sont présentés comme les porteurs privilégiés de l’avenir. Cette « nouvelle France » n’est pas une classe sociale au sens marxiste. Elle ne partage ni la même position économique ni les mêmes intérêts. Elle forme un bloc post-marxiste dont l’unité repose sur le sentiment partagé d’être dominé. Ce bloc est appelé à prendre conscience de lui-même et à devenir le véritable sujet politique de la révolution.

La conséquence est redoutable. Si certains groupes incarnent l’avenir du pays, d’autres incarnent nécessairement son passé. Cette « ancienne France » serait alors vieillissante, rurale, attachée à la continuité culturelle, inquiète de l’immigration, sensible à l’autorité et trop souvent séduite par le Rassemblement national....

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