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Souveraineté : entre impérialisme et anti-impérialisme (Partie 2)

18/11/2021

OPINION. La souveraineté des autres étant la condition de notre propre souveraineté, nos relations avec des puissances impériales engagent directement notre indépendance, tant économique que militaire.

Souveraineté : entre impérialisme et anti-impérialisme (Partie 2)


Mais s’il est contenu en Asie orientale par la puissance chinoise et l’indépendance nord-coréenne, l’impérialisme contemporain se déchaîne au Proche-Orient. En Syrie, les milliers de vies fauchées par la guerre sont les stigmates du martyr infligé à un peuple qui ne demandait qu’à vivre en paix. Gigantesque tribut payé à une folie orchestrée de l’étranger, qui a vu des mercenaires de 120 nationalités affluer au Pays de Cham pour y instaurer un nouvel « émirat ». Guerre sans pitié, où l’État syrien menacé d’anéantissement s’est battu bec et ongles, défendant l’intégrité territoriale et la souveraineté de la nation. Il fallait être naïf pour ne pas voir, dès le printemps 2011, la duplicité des gouvernements occidentaux versant des larmes sur les victimes de l’armée syrienne tout en absolvant les exactions de la rébellion armée. Difficile d’ignorer, non plus, que les combattants de la nébuleuse insurrectionnelle disposaient d’un soutien financier massif de la part des pétromonarchies du Golfe. Mais si les Occidentaux et leurs alliés régionaux voulaient en découdre avec Damas, ce n’était pas pour faire la promotion des droits de l’homme. C’était pour défendre leurs intérêts au cœur d’une région cruciale pour l’avenir énergétique de la planète. C’était surtout pour garantir la sécurité d’Israël en neutralisant l’un des derniers bastions du nationalisme arabe. Car la Syrie est au centre d’une alliance réunissant les forces qui s’opposent à la domination israélo-américaine dans la région. Elle demeure le seul État arabe debout, refusant de plier devant la puissance occupante. Elle est le pivot d’un arc de la résistance qui va de Damas à Téhéran en passant par le Hezbollah libanais et les mouvements palestiniens. Le drame, mais aussi la fierté de la Syrie, c’est qu’elle est l’enfant terrible du nationalisme arabe, le dernier vestige d’une époque où Nasser et le parti Baath inspiraient...

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