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Jean Sévillia : « Le terrorisme intellectuel de la gauche n’a pas faibli »

ENTRETIEN. Après la polémique qui a suivi la déclaration de Gérald Darmanin, lequel a dénoncé le « terrorisme intellectuel » de l’extrême gauche, Jean Sévillia, à l’origine de ce concept, revient sur sa généalogie. Selon lui, le terrorisme intellectuel n’a pas disparu et continue de délégitimer ses adversaires en leur collant des étiquettes infamantes.

/2023/04/Mélenchon Nupes


Front Populaire : Dans une interview accordée au Journal du dimanche début avril, le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, a déclaré ne pas vouloir céder face au « terrorisme intellectuel » de l’extrême gauche. S’en est suivie une polémique, la gauche accusant le ministre de reprendre un concept d’extrême droite au vu, selon elle, du pedigree de celui qui l’a forgé, c’est-à-dire vous-même. Que répondez-vous à cela ?

Jean Sévillia : En effet, j'ai publié en 2000 un livre intitulé Le terrorisme intellectuel, qui était une étude d'histoire des idées de 1945 jusqu’au début du 21e siècle sur ce phénomène. Je ne pense pas être un homme d'extrême droite. J'ai fait toute ma carrière de journaliste au Figaro Magazine, un journal de droite assurément, mais je ne pense pas que mes racines ou mes convictions soient à l'extrême droite. Mais nous sommes précisément au cœur du terrorisme intellectuel, à savoir que c'est le principe même du terrorisme intellectuel d’empêcher le débat sur un certain nombre de sujets, de disqualifier et de délégitimer l’adversaire en lui collant des étiquettes infamantes, fabriquées de toutes pièces par ses apôtres.

Après la Seconde Guerre mondiale, le débat d'idées a été capté – aussi bien dans le monde...