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La guerre en Ukraine va-t-elle voler l’élection 2022 à la droite ?

OPINION. L’invasion de l’Ukraine par la Russie a constitué pour les atlantistes une occasion de fustiger les partisans d’une « troisième voie » gaullienne. Une manœuvre qui pourrait être fatale à la droite, à quelques semaines de l’élection présidentielle.

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Jeudi 24 février 2022, le monde se réveille et peine à croire à la vérité toute crue que nos sociétés occidentales se refusaient à admettre : oui, la guerre est possible ; et même en Europe. C’est un coup de tonnerre dans le landernau bobophile parisien et bruxellois : comment cet incroyable Vladimir Poutine pouvait-il lancer des raids militaires contre l’Ukraine ?

Depuis une dizaine d’années, l’histoire était pourtant assez simple à digérer pour tous les atlantistes européens sous influence américaine : avaler des couleuvres ne posait pas de problème existentiel. Passe le style démodé des années de guerre froide affiché par Vladimir Poutine ; passe aussi son terrible manque d’éducation face aux fringants progressistes de tous poils, tous grands donneurs de leçons démocratiques ; passe encore la répression des opposants au régime comme Alexeï Navalny, même si on fera à Poutine — un peu, mais pas trop — les gros yeux ; d’accord pour accepter sans le dire la dissolution de l’ONG Memorial International, afin de ne pas dramatiser la réécriture forcée du roman national russe ; et puis, tous les bien-pensants occidentaux avaient même fini — très hypocritement — par accepter l’annexion de la Crimée : au fond, une province tellement russe par l’histoire. Enfin, les plus compréhensifs finissaient même par se dire que la reconnaissance par la Russie des deux républiques du Donetsk et de Louhansk, était finalement un moindre mal.

Et le président Macron dans cette histoire ?

Disons le franchement, tout ce petit monde se fichait bien que Poutine humilie à plusieurs reprises le trop bavard Emmanuel Macron, autopromu petit télégraphiste de l’OTAN : Donald Trump l’avait bien fait avant à propos de l’Iran ou de la Cop 21 ; Joe Biden avait même oublié de le prévenir lors de la rupture du contrat du siècle avec l’Australie ; et qui plus...

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