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La navrante non-campagne d’Emmanuel Macron

27/04/2022

ARTICLE. Le président aura « joué avec le feu », estime l’ancien premier ministre Lionel Jospin. Laisser monter le Rassemblement National au premier tour pour le diaboliser au second, la stratégie est bien connue. Elle a à nouveau porté ses fruits. Au détriment de la démocratie.

La navrante non-campagne d’Emmanuel Macron

« Il a tout fait pour que se reproduise le face-à-face ultime avec l’extrême droite qu’il jugeait plus aisée à vaincre ». Le constat est lucide, sans appel. « Il a joué avec le feu et il s’y serait brûlé sans le vote responsable de ses adversaires républicains », estime Lionel Jospin dans des propos publiés par Le Parisien ce 25 avril. Pour l’ancien premier ministre, « les Français ont été une nouvelle fois contraints à un vote barrage, ce qui a affecté leur liberté de choix ». Le principal chef d’orchestre de ce simulacre de campagne électorale porte un nom : Emmanuel Macron. Le président reconduit aura bien été aidé pour jouer sa partition.

« Le contexte empêche Emmanuel Macron d’en faire plus », expliquait fin mars à France Info le député (Modem) de Corrèze Christophe Jerretie. Allant même jusqu’à considérer que « la population ne comprendrait pas que l’on ait le temps de faire trois meetings par semaine ». S’il est compliqué de sonder rétrospectivement le cœur des Français, il est en revanche certain que ce constat n’a pas été partagé par ses opposants politiques, qui n’ont pas été dupes de la manœuvre. Le 14 mars, Gérard Larcher s’était d’ailleurs quelque peu emporté devant le refus du chef de l’État de débattre avec ses onze adversaires du premier tour — une manière d’esquiver un tir groupé sur son bilan. Dans Le Figaro, le président du Sénat avait accusé, le président sortant d’« enjamber l’élection », émaillant ainsi sa future « légitimité ».

Si le chef de l’État s’est tenu en retrait de cette précampagne, ne se déclarant candidat que le 3 mars, c’est qu’il y a bien une raison. Côté LREM, on invoque la gestion de la crise sanitaire du Covid, la présidence française du Conseil...

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