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Le populisme, antidote à la dénationalisation des élites ?

CONTRIBUTION / ANALYSE. Pourquoi les élites sont-elles moins spontanément patriotes que les peuples et inversement ? Peut-on opposer les élites transnationales et le nationalisme populiste ? Les peuples peuvent-ils eux-mêmes faillir ? Vincent Coussedière invite à penser la question comme un processus global.

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© Dmitry Orlov/TASS/Sipa USA/SIPA

Dans le monde post-gaullien, nos élites ont fait de la soumission une doctrine et de l'effacement de la France un indépassable horizon. Cette mutation, ses racines intellectuelles et ses conséquences très concrètes sont le thème du nouveau numéro de la revue Front Populaire : « Soumission des élites ». Disponible en kiosque, en librairie et en ligne.

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L’affaire Epstein a agi comme un miroir grossissant qui condense toutes les tares des élites occidentales, les élites françaises y occupant une place toute particulière, symbolisée par l’antenne du réseau d’Epstein localisée dans un somptueux appartement parisien. La dénationalisation et le transnationalisme – outre la perversité sexuelle – étaient les caractéristiques communes de ces élites financières, politiques, médiatiques, artistiques, juridiques, scientifiques. Nous empruntons ce terme de « transnationalisme » à Huntington, qui, dans Qui sommes-nous ?, décrit les caractéristiques de ces « nouvelles » élites ayant tourné le dos à leur peuple, auquel elles reprochent d’être resté nationaliste : « L’ennemi du transnationalisme, quant à lui, est le nationalisme, dont l’attrait populiste freine les tendances transnationales au lieu de les nourrir ».


Quand et pourquoi, dans les grandes démocraties occidentales, les élites ont-elles commencé à ne plus se distinguer en se mettant au service de leur peuple et de leur nation ?


Quelques années avant Huntington, en 1995, dans La révolte des élites, Christopher Lasch s’interrogeait aussi sur la définition de cette « nouvelle classe » et faisait de son « allégeance » internationale le noyau dur de sa trahison : « Un fait plus significatif est l’ampleur du marché sur lequel opèrent ces nouvelles élites. Leur sort est lié à des entreprises dont les activités franchissent les frontières nationales. C’est davantage le fonctionnement harmonieux de l’ensemble du système qui les préoccupe que celui de l’une de ses parties. Leurs allégeances – si le terme n’est pas lui-même anachronique dans un tel contexte – sont internationales plutôt...

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