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Anarchisme, libéralisme : le débat Michel Onfray – Gaspard Koenig

ENTRETIEN. Le mois dernier, Le Point organisait un débat entre Michel Onfray et Gaspard Koenig, philosophe se réclamant du libéralisme. L'occasion pour les deux intellectuels d'aligner leurs accords et leurs désaccords sur les formes alternatives d'organisation humaine, les étiquettes idéologiques, l'argent, la nation, la vérité, l'enracinement, la bureaucratie, l'écologie ou encore l'organisation du territoire… Une rencontre dont nous vous proposons de retrouver aujourd'hui la retranscription intégrale.

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© Capture Le Point


Joseph Le Corre : Bonjour à vous deux. Merci beaucoup d'avoir répondu à l'invitation du Point. En début d'année, Michel Onfray, vous avez publié une biographie intellectuelle de Pierre-Joseph Proudhon, titrée L'anarchie positive : du bon usage de Proudhon. Vous défendez comme depuis toujours votre gauche libertaire et anarchiste. Nous allons discuter ici avec Gaspard Koenig. Vous êtes également philosophe. Et de votre côté, vous défendez moins une liberté libertaire, mais plus libérale. On va en discuter.

Gaspard Koenig : Si on pouvait se passer de tous les «-ismes », ça commencerait mieux, mais bon.

Joseph Le Corre : Vous êtes également un lecteur des penseurs anarchistes et vous avez lu le livre de Michel Onfray. La première question sera pour vous. Qu'est-ce qui vous séduit chez les anarchistes ?

Gaspard Koenig : Ce livre, déjà, m’a séduit. C'est un très bon livre. Moi, j'ai lu Proudhon par extraits ou par petits livres. Là, par exemple, j’ai dans ma bibliothèque un petit livre Contre l'impôt, qui est en fait un extrait pris dans un de ces énormes sommes que tu décris. Et donc, j'ai trouvé que c'était un livre qui est non seulement très informatif, mais qui se lit un peu comme un roman, puisque l'option biographique que tu prends fait qu'on tourne les pages en se demandant: Tiens, qu'est-ce qui va penser maintenant ? Qu'est-ce qui va lui arriver ? Est-ce q’ili va changer d'avis ? Donc ça se lit vraiment très agréablement et c'est très dense et très agréable

Et de toute façon, moi, je trouve qu'il y a des passerelles. Je pense qu'il y a au fond deux manières de faire de la philosophie ou de poser des doctrine – c'est bien décrit par Michel d'ailleurs dans le livre. Il y en a une où l’on a des utopies avec un espèce de schéma...

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