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Le référendum mérite un meilleur promoteur que Guillaume Peltier

01/06/2021

ARTICLE. Au micro de RTL, le n°2 de LR Guillaume Peltier a dit vouloir le retour des Cours de sûreté ainsi que des jugements sans appel, avant même que le “coupable radicalisé” n’ait commis de délit, tout en proposant de soumettre ceci à un référendum si le Conseil constitutionnel venait à s’y opposer. Mais n’y avait-il pas de thèmes régaliens plus intéressants à proposer que ce parti-pris démagogique ?

Le référendum mérite un meilleur promoteur que Guillaume Peltier

La déclaration du bras-droit de Christian Jacob a déclenché une vive polémique – à juste titre. Ce dimanche, interrogé au micro de RTL, Guillaume Peltier a déclaré : “L’idée, c’est de créer une justice exceptionnelle, sans appel possible […] Si le Conseil Constitutionnel s’y oppose, nous pourrions proposer ça par référendum”. Le vice-président délégué des Républicains souhaite instaurer des Cours de sûreté “préventives” pour enfermer les radicalisés avant qu’ils ne passent à l’acte. Une proposition choc, mais qui se heurte aux textes de loi actuels et probablement, à l’analyse qu’en ferait le Conseil constitutionnel. Le référendum serait alors la solution pour mettre à jour la Constitution. Mais cette proposition est-elle bien sérieuse ?

Le référendum, trop rare pour être bradé ?

Le recours au référendum sous la Ve République est rare. Depuis le premier qui institua la Constitution de la Ve République le 28 septembre 1958, il n’y en a eu que neuf autres. Le dernier en date, portant sur le traité de la Constitution européenne, vient de fêter son seizième anniversaire le 29 mai. Le camouflet infligé alors à Bruxelles (le « non » avait pour rappel recueilli 54,67 % des suffrages) a depuis refréné les velléités gouvernementales d’y recourir. Guillaume Peltier essaye, plus que maladroitement, d’en raviver la flamme.

Le référendum est un outil précieux, qui permet aux citoyens de s’exprimer au-delà des jeux de partis. Le résultat du référendum est donc craint, les gouvernements ayant en tête le départ du général de Gaulle en 1969, à la suite du refus par les Français de la réforme du Sénat et de la régionalisation. Ou, plus récemment, de la constitution européenne. Faire voter le peuple, d’accord, mais à la seule condition qu’il dise “oui”. Pour risquer le non, il faudrait du courage et du respect...

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