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Nouvelle-Calédonie: un déni de démocratie

08/08/2020

A l'approche du prochain référendum sur l'indépendance de la Nouvelle-Calédonie, qui aura lieu le 4 octobre, un abonné témoigne de l'injustice qu'il subit. Installé sur l'île depuis près de vingt ans, il n'aura pas, comme plus de 35.000 autres résidants français pourtant inscrits sur la liste électorale locale, le droit de voter à cette élection. Et se sent comme un citoyen de seconde zone.

Nouvelle-Calédonie: un déni de démocratie

Il existe une spécificité calédonienne: trois listes électorales cohabitent pour déterminer qui peut voter à chaque scrutin.

La "liste générale" rassemble tous les citoyens en âge de voter. Rattachée aux communes, elle permet de participer aux élections municipales, législatives et présidentielles.

Mais pour élire les membres des assemblées de province et du Congrès de la Nouvelle-Calédonie, il faut en revanche être inscrit sur la "liste spéciale provinciale", plus restreinte. Depuis le gel du corps électoral voté par la représentation nationale réunie en Congrès à Versailles en 2007, il faut, pour y figurer, être natif ou s’être installé en Nouvelle Calédonie avant novembre 1998 et justifier de dix ans de résidence continue.

Reste la "liste électorale spéciale", constituée pour les référendums sur le destin de l'île. Les seuls inscrits sont les natifs "de statut civil coutumier" (autrement dit les Kanaks), les natifs non-Kanaks justifiant d'intérêts matériels et moraux sur place, et les non-natifs ayant participé au référendum de novembre 1998 ou bien étant arrivés au plus tard en 1994. 

210.105, c’est le nombre d’électeurs inscrits sur la liste générale en novembre 2018. Les listes spéciales en comptaient, elles, 167.688 et la liste référendaire 175.165.

A la lecture de ces chiffres on s’aperçoit que 42.000 électeurs inscrits sont privés du droit de vote pour les élections provinciales et n’ont pas, de ce fait la citoyenneté calédonienne. De même 35.000 ne peuvent voter lors des consultations d’auto-détermination. Il y a là un déni de démocratie.

On ne peut pas construire un destin commun en excluant du corps électoral une partie des habitants et résidents du pays. La Nouvelle-Calédonie ne doit pas devenir une terre d’exclusion!

On aurait pu penser que vivre au pays avec sa famille, y travailler, y payer ses impôts, être propriétaire de son logement, participer à la vie économique et...

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