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Algues vertes : entre danger écologique et fiasco de l'État

16/07/2021

ARTICLE. Le 2 juillet, un rapport de la Cour des comptes épinglait la réponse de l’État dans la crise des algues vertes qui sévit en Bretagne. Mal définie, trop timorée, mal guidée, elle n’aurait pas eu les effets escomptés depuis 10 ans. Il y a pourtant urgence, car ces algues tuent.

Algues vertes : entre danger écologique et fiasco de l'État

NB  : Il est urgent que le souverainisme se réapproprie la question de l’écologie, trop longtemps abandonnée aux idéologues. Retrouvez nos analyses, nos diagnostics et nos prescriptions dans notre nouveau numéro Front Populaire n° 5 : Écologies, les leurs et la nôtre.

Malgré deux plans d’action entre 2007 et 2020, l’État n’a pas su endiguer le phénomène des algues vertes sur les côtes de Bretagne. Mais s’est-il vraiment donné les moyens de lutter contre cette invasion végétale ? C’est en tout cas la question que s’est posée la Cour des comptes dans un rapport publié le 2 juillet. Et l’institution supérieure de contrôle n’est pas tendre, quand elle analyse les résultats : pour elle le compte n’y est pas.

Une algue qui tue

Les algues vertes se déversent sur le littoral sous forme de marées vertes pestilentielles. Depuis la première constatation de ce phénomène en 1971, la curiosité biologique est devenue un problème de santé publique. En cause, le phosphore et l’azote, issus des nitrates et présents en grande quantité dans les eaux côtières bretonnes. Ils nourrissent désormais surabondamment cette algue naturelle entraînant une eutrophisation, à savoir un apport excessif d’éléments nutritifs dans les eaux, ce qui a pour effet d’entraîner une prolifération végétale et un déséquilibre de l’écosystème.

Au-delà de la pollution abondante qu’elle produit sur les côtes – pollution tant olfactive que visuelle – l’algue Ulva armoricana est particulièrement dangereuse. En se désagrégeant sur le sable, elle émet du sulfure d’hydrogène (H2S), un gaz toxique qui peut, si sa concentration est très élevée, s’avérer mortel pour l’homme comme pour l’animal.

Elle peut asphyxier directement un être humain, comme ce fut le cas pour Thierry Morfoisse qui travaillait sur une plage avec son camion de ramassage d’algues le 22 juillet 2009, et dont le corps avait été retrouvé sans...

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