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La laïcité est-elle la meilleure arme face à l’islam politique ?

20/06/2021

DÉBAT. La notion de laïcité est sujette à de nombreux débats, sur son interprétation, sa signification, son application, mais on se questionne assez peu sur son efficacité. Est-elle le meilleur moyen de combattre l’influence grandissante de l’islam politique ? C’est le débat de ce dimanche.

La laïcité est-elle la meilleure arme face à l’islam politique ?

En mars dernier, nous évoquions dans un article une enquête de l’Ifop qui montrait à quel point la laïcité à la française était de moins en moins acceptée par les jeunes générations. 81% des lycéens musulmans interrogés dans ce sondage considéraient que les lois laïques françaises sont « discriminatoires contre les musulmans ». À cela s’ajoute une avancée considérable d’idées qui peuvent être rattachées à l’islamisme comme l’interdiction du blasphème ou encore l’autorisation du port des tenues religieuses dans les lycées –y compris à la piscine avec le burkini.

Pour les partisans de l’islamisme, au contraire, ce sont très exactement les lois démocratiques, et en particulier la liberté religieuse garantie en Occident par une conception libertaire de la laïcité, qui permet à l’islam politique d’avancer son agenda. C’est ainsi que Youssouf al Quaradaoui, très influent théologien égyptien des Frères musulmans avait prévenu : « Avec vos lois démocratiques, nous vous coloniserons, et avec nos lois coraniques nous vous dominerons ».Dans cette perspective, la laïcité peut être considérée moins comme un moyen de combattre l’islamisme que comme un outil pour ce dernier de se développer… C’est pourtant cette vision très inclusive de la laïcité qui s’impose peu à peu dans la société française du point de vue juridique et des politiques publiques.

Une laïcité ferme ?

En revanche, on peut penser que la laïcité pourrait être efficace à condition de la prendre dans son interprétation restrictive, comme elle a parfois été pensée à l’encontre du christianisme et en particulier du catholicisme. L’idée était alors d’imposer aux catholiques –comme aux protestants et aux juifs –une absolue discrétion quant à leur confession afin que celle-ci ne puisse diviser la communauté nationale. C’est ce que Jean Baubérot appelle la « laïcité gallicane », où le politique soumet le religieux jusque dans l’espace...

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