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Racisme et marasme : désillusion d’un petit soldat

21/12/2020

TÉMOIGNAGE. Nous vous proposons un texte fort et courageux. Nous aurions préféré ne pas avoir à publier un tel témoignage, mais il serait honteux de faire l’autruche tant nous sommes attachés, en tant que souverainistes, au devoir d’exemplarité des institutions garantes de l’ordre républicain telles que la police, la justice et l’armée.

Racisme et marasme : désillusion d’un petit soldat

Je vous écris car la fierté de porter l’uniforme a fait place à la honte. L’incohérence générale, la médiocrité, le non-sens et la tolérance du racisme m’ont écœuré.
Je souhaiterais témoigner du mal-être vécut principalement par les militaires du rang et les sous-officiers, par le biais de ma petite expérience personnelle.
Je suis avec humilité un bon mec pour l’armée, bien que je ne sois pas non plus un modèle de vertu. Par choix et par goût, j’ai traversé la France pour porter le treillis en tant que simple soldat.
Cette expérience de vie m’aurait contenté, si je n’étais pas aujourd’hui effaré par le dysfonctionnement quotidien de l’institution au sein de laquelle je me suis engagé. Blessé surtout d’être témoin du racisme visqueux, insidieusement admis et quasi jamais sanctionné.

Avant de vous faire part d’anecdotes symptomatiques, de la vie militaire dans l’armée conventionnelle et de la nécessité qu’elle a de se réformer tant elle périclite, je dois préciser certains faits positifs. En effet, j’ai trouvé à l’armée la rusticité, la débrouillardise, la camaraderie (entre hommes du rang principalement), ainsi qu’une part d’aventure. J’ai pu rencontrer des personnes de tous grades, consciencieuses et respectueuses. Certaines qui risquent leur vie pour servir, d’autres qui transmettent leur savoir, leur passion avec pédagogie et exemplarité.

Au-delà des femmes et des hommes de valeur, il est vrai que pour ceux qui s’en donnent les moyens, l’ascenseur social dans l’armée existe.
En revanche à quel prix se fait cette ascension et vers quoi mène-t-elle?

Partie I. De l’administration

1) Opacité et inertie :

Je serai bref sur l’inertie et la perte considérable de temps engendrées par l’administration. Quand un changement de RIB, soit une vingtaine de chiffres, peut prendre trois mois à être enregistré, on ne se formalise pas des papiers et photos d’identité à f...

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