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« Si vous voulez savoir ce que vit le paysan, arrêtez de regarder la télé et allez le remplacer ! »

Jean-Paul Pelras répond à une partie de nos lecteurs. Une mise au point suite aux nombreuses réactions suscitées par son précédent texte. 

« Si vous voulez savoir ce que vit le paysan, arrêtez de regarder la télé et allez le remplacer ! »

Vous avez été nombreuses et nombreux à commenter mes récentes publications dans Front Populaire et plus particulièrement l’article intitulé « Mise sous tutelle écologique de l’agriculture : Pour qui se prend Nicolas Hulot » Certains d’entre vous ont réclamé des précisions, une augmentation du débat, parfois en tenant des propos peu amènes, voire agressifs. D’autres, en évoquant leurs expériences ou leurs connaissances, ont privilégié l’interrogation constructive, la suggestion, l’analyse.

A défaut de me justifier, je vais un peu me présenter, ce qui permettra à ceux qui veulent s’en donner la peine de comprendre la motivation de mon propos. Fils d’ouvriers agricoles, donc partis de rien, nous avons construit, avec mon frère, à l’aune des années 80 dans le Midi de la France, une exploitation maraîchère spécialisée dans la production de plants. A son apogée, l’entreprise comptait 13 hectares de serres et plus de 50 ha de plein champ pour 120 salariés permanents. Je dis bien « salariés » et non « exploités » comme sont déjà en train de le penser ceux qui voient un esclavagiste derrière chaque agriculteur.


La neige de 1992 qui détruisit les deux tiers du parc serres dans les Pyrénées-Orientales et les inondations survenues en septembre de la même année impactèrent sévèrement notre activité. Une activité qui, comme dans les secteurs arboricoles ou viticoles et contrairement à ceux des grandes cultures, ne perçoit, rappelons-le, aucune aide PAC. Dans le même temps, nous étions engagés syndicalement pour lutter contre les importations déloyales en provenance d’Espagne ou du Maghreb notamment. Ce qui me valut d’être emprisonné pendant deux semaines. Une période rocambolesque pendant laquelle, étant établis dans un département transfrontalier, nous « contrôlions » des marchandises importées à des prix défiants toute concurrence et produites dans des pays où l’on ne s’embarrasse guère de considérations sociales. Encore aujourd’hui le coût de la main d’œuvre varie du simple...

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