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Suicide des agriculteurs : le poids du silence

22/03/2021

ARTICLE. Isolement, omerta, poids du passé ou bien encore, administration froide et insensible… les agriculteurs sont de plus en plus fragilisés. Alors que leur profession est sous-rémunérée, attaquée médiatiquement de toute part, un rapport sénatorial se penche sur les causes du désespoir qui pousse nombre d’agriculteurs au geste fatal.

Suicide des agriculteurs : le poids du silence

Le monde agricole est un monde en souffrance. Depuis plusieurs années, l’opinion est sensibilisée sur le nombre effrayant de suicide qui touche cette profession séculaire. Sans pour autant que le phénomène ne décroisse : près de 370 agriculteurs se donnent la mort chaque année. Un rapport sénatorial intitulé “Suicides en agriculture : mieux prévenir, identifier et accompagner les situations de détresse”, publié le 17 mars, dresse un portrait alarmant du monde agricole. Un monde fait de solitude, et alourdi par le poids du passé. Un monde fait de conflits intergénérationnels. Mais aussi et surtout, un monde d’omerta qui fait du suicide la solution la plus évidente pour ces hommes et ces femmes de la terre.

Cette enquête sénatoriale, menée grâce à plus de 140 témoignages de rescapés, de familles de victimes et d’experts a permis d’identifier un peu plus, et un peu mieux, le malaise agricole. Les rapporteurs du texte mettent en avant “ce monde de « taiseux », où la fierté paysanne est une valeur quasi sacrée”. Une fierté, héritée de siècles d’histoire, qui incite les agriculteurs à s’entêter jusqu’à la dernière extrémité, plutôt que d’appeler à l’aide : “Oser dire que ça ne va pas semble hautement plus difficile que d’accrocher une corde ou attraper un fusil” raconte le voisin d’un agriculteur ayant fait plusieurs tentatives de suicide, tandis qu’un autre explique la mort de son frère, céréalier : “[il] était un taiseux sur ses problèmes, il ne s’est même pas confié à son docteur [...]. Il a eu honte de sa faiblesse, il était très malheureux”.

Écrasé par le poids de cette omerta qui ne dit pas son nom, les agriculteurs se réfugient alors dans la solitude. L’observatoire Amarok a interrogé les exploitants agricoles de Saône-et-Loire sur leur santé...

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