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La Libération, moment éclatant du génie français

La Seconde Guerre mondiale a été un moment très pénible, très humiliant qui a pu mettre en question la dignité et le courage des Français. Pourtant, parmi eux, certains se sont levés, ont résisté, ont créé dans la clandestinité le Conseil national de la Résistance et ont participé à la libération de Paris. Le gouvernement d’après-guerre, fortement influencé par le CNR et son programme Les Jours heureux, mettra en place d’importantes réformes, dont la Sécurité sociale, et procèdera à la nationalisation de grandes entreprises et de grandes banques afin de redresser le pays. La France avait su retrouver son génie.

La Libération, moment éclatant du génie français


Nos compatriotes ont perdu foi dans la politique et, plus largement, dans un avenir commun. Dans Comprendre le malheur français (2016), Marcel Gauchet décrit avec acuité la cause de cette crise : la contradiction profonde entre les politiques publiques néolibérales menées par les élites et la mentalité française qui est faite d’un sentiment très aigu de l’égalité, d’une volonté d’indépendance, d’un sens profond de l’État et d’une propension à socialiser les risques.

PARIS LIBÉRÉ PAR LUI-MÊME

Le 19 août 1944, il y a 76 ans, était déclenchée l’insurrection populaire qui allait conduire à la libération de Paris de l’occupation allemande.

De nos jours, en flânant dans les rues de la capitale, ou en pressant le pas pour aller au travail ou chercher ses enfants à l’école, le regard croise régulièrement quelques plaques commémoratives rendant hommage à tel ou tel citoyen ou combattant, mort pour la libération de Paris, pour la France, pour la patrie, en luttant contre l’hydre nazie. Parfois, on tombe sur une plaque expliquant un moment important de cette histoire.

Malheureusement, cette mémoire collective est frappée par la maladie cruelle de l’évanescence.

J’ai un petit serrement au cœur quand je vois quelques fleurs desséchées pendouiller pauvrement au-dessus de la plaque « d’un tel, 22 ans, mort héroïquement pour la libération de Paris »…

Qui a fleuri cette tombe publique ? Une ancienne amante attendant de retrouver son amour mort en héros ? Une association d’anciens combattants ? Un patriote zélé ? Un édile de la ville faisant son devoir de manière vaguement ennuyée ?

Évanescence… et pourtant quelle histoire !

Il faut la raconter pour que les ombres derrière ces plaques de marbre revivent et que leurs âmes sourient au sacrifice consenti.

Pour ma part, les larmes me montent aux yeux quand je passe devant le 41 rue...

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