La Terreur comme « légende noire » : quand le Louvre renonce à l'histoire
Du 15 octobre 2025 au 26 janvier 2026, le Louvre a proposé à ses visiteurs une exposition consacrée à Jacques-Louis David. L’occasion d’une belle leçon d’histoire de l’art, soigneusement neutralisée par une pédagogie politique infantilisante.
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Dans l’exposition qu’il consacre au peintre Jacques-Louis David (1748-1825), le Musée du Louvre ne se contente pas d’exposer des œuvres : il propose un récit. Un récit prudent, moralement balisé, qui, lorsqu’il aborde la Révolution française – période entièrement traversée par le peintre – préfère l’allusion à l’analyse et l’émotion à l’histoire. Pas question de suggérer au visiteur la complexité d’une époque, il faut faire simple, comme avec les enfants.
La « légende noire » de la Terreur
Le choix des mots, à cet égard, est révélateur. Un cartel évoque ainsi, à propos des liens entre Robespierre et David, « ce que, sous le Directoire, on appelle “la Terreur” : cette légende noire, suscitant fascination et répulsion ». La formule semble anodine ; elle ne l’est pas. Qu’est-ce qu’une « légende noire » ? Une lecture mythifiée d’un épisode ou d’un événement historique fondée sur une accumulation de rumeurs, le plus souvent infondées. Parler de « légende » revient à déplacer la Terreur du champ de l’histoire vers celui du mythe, à suggérer un récit obscur, presque fantasmatique, là où les faits sont connus, documentés, abondamment étudiés et commentés. Si l’on peut disserter à l’infini – et les débats historiographiques sur le sujet sont passionnants – de la Terreur comme « système » et du degré de préméditation politique de la Convention, il n’empêche que les sans-culottes ont bien demandé à mettre « la terreur à l’ordre du jour » en septembre 1793, notamment pour mater les révoltes girondines et vendéennes. Après les massacres de septembre 1792, l’État révolutionnaire institua les tribunaux révolutionnaires et promulgua la loi des suspects de 1793 ainsi que la loi du 22 prairial (1794) dite “de Grande Terreur”, qui mirent en place des procédures judiciaires expéditives et permirent des exécutions sommaires. Environ 17 000 condamnations à mort ont été prononcées par les tribunaux révolutionnaires durant cette période et au moins 10 000 personnes...
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