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Le temps des confitures

CHRONIQUE. Tout au long de l'été, notre camarade Jean-Paul Pelras nous incite, avec ces chroniques champêtres, à nous replonger dans ce flot de souvenirs qui font notre identité collective. Aujourd'hui, ces délicieuses confitures que nous dégustions...

Le temps des confitures

Huit heures du matin. Nous sommes fin juillet, quelque part sur l’Aubrac  ou en Margeride. Vous êtes installé sur la terrasse, devant une petite table en fer forgé, un rosier grimpe contre la façade usée.

Vous observez, près des orties, à la proue du jardin, le charme de quelques arrosoirs vides, un bourdon va du chèvrefeuille au jasmin dans l’incessant crépitement des chants d’insectes, païens comme ce théâtre antique qui leur sert de monde.

Un rayon de soleil caresse l’odeur légèrement poivrée des andains et les clameurs de Phèdre raisonnent dans la lumière encore chaste de ce doux matin d’été. Là, vous vous apprêtez à tartiner, devant un grand bol de café noir, une tranche de pain de seigle avec une confiture de myrtilles ramassées du côté du Fau de Peyre ou de Brameloup en août dernier.

Entre temps, vous avez bien sûr confié à votre grand-mère le soin d’en élaborer quelques bocaux, soigneusement étiquetés et rangés dans la fraîcheur un peu mystérieuse de l’arrière cuisine familiale.

Car, vous en conviendrez, la confiture n’est bonne que si le pot à un peu séjourné au fond de quelques vieux placards. Alors, dans le calme de cette solitude sublimée, vous croquez à pleines dents le nectar de l’enfance et l’intemporel parfum des fruits de saison.

Et vous retrouvez l’ambiance de ces journées dédiées à la confiture où mijotaient autrefois, devant une gazinière et dans une grande bassine en cuivre, rhubarbe, framboises, coins, abricots, fraises et autres cynorhodons. Confidences bucoliques, douceurs de résine, recettes bien gardées, saveurs inaltérables, instants privilégiés.

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