opinionssociété

Zéro sur toute la ligne

CONTRIBUTION/OPINION. L’enfant de la contre-culture Canal+ tente, depuis quelque temps, une reconversion désespérée dans le sensationnalisme semi-complotiste. Cela au mépris de toute déontologie journalistique, regrette notre lecteur.

/2023/03/karl-zero


1er juin 2003. Karl Zéro, dans le cadre de son émission hebdomadaire Le Vrai Journal lit à l’antenne de Canal+ un prétendu courrier adressé par un certain Patrice Alègre, tueur en série incarcéré à Toulouse dans le cadre de meurtres sordides perpétrés dans le milieu interlope de Toulouse, dans lesquels seraient impliqués différents notables et diverses personnalités, avec en premier lieu l’ex-maire de la ville rose, Dominique Baudis.

Prélude à un emballement médiatique qui verra l’alors président du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) — depuis renommé ARCOM, NDLR — dans une séquence désormais mythique, « tordre le cou à la calomnie » sur le plateau du 20h de TF1, le front perlé de sueur. Déjà peu apprécié en interne de la chaîne qui l’emploie — Philippe Gildas, qui le détestait, le surnommait « Karl moins que zéro » —, le présentateur met le doigt dans l’engrenage du complotisme. Premier épisode d’une longue série.


Affaire Palmade


Le fait divers impliquant l’humoriste Pierre Palmade, qui n’est rien d’autre que la perte de contrôle d’un ponte du show-business ayant perdu pied avec la réalité à force de gloire et de paradis artificiels, constitue la dernière illustration à ce jour d’un journaliste autrefois pertinent et talentueux se vautrant dans la boue du complotisme. Invité sur le plateau de Cyril Hanouna le 24 février dernier, Karl Zéro y déploie une théorie bien à lui à base de soupçons (« Y’a un truc pas net dans cette histoire ») et de poujadisme sur le thème de l’impunité des élites, d’une soi-disant opération menée afin de faire taire quelqu’un qui en saurait sur des réseaux et pratiques inavouables : « C’est peut-être qu’il en sait trop sur les gens qu’il a croisés dans ce genre de soirées ».Lesquelles ? « On parle d’un ministre et de deux fils de personnalités connues. » Mais encore ?

Dans la...

Vous aimerez aussi