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Balance commerciale : l’étrange autosatisfecit de la Macronie

ARTICLE. La balance commerciale de la France au premier semestre de l’année 2023 reste profondément déficitaire pour les biens, mais moins qu’en 2022. Mais cela reste assez pour que la Macronie ose bomber le torse et se réjouir du second déficit record dans l'histoire du classement.

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« Six ans après l’acte I de la réforme de l’export, nous confirmons nos bons résultats » déclare ce mardi 8 août la députée macroniste des Yvelines Marie Lebec sur ses réseaux sociaux, dans la foulée de la publication des chiffres des douanes françaises sur la balance commerciale de la France au premier semestre 2023. Une déclaration qui n’a pas manqué de faire immédiatement réagir. Mot d'ordre venu de la Macronie : « Réjouissons-nous de ces indicateurs positifs ». Et puis l'on découvre l’indicateur en question : un solde d’échange de biens négatif de 54 milliards d’euros.


« Osons nous en réjouir ! »


Ce chiffre est certes meilleur que celui de l’année précédente (-74,2 milliards d’euros). Mais reste tout de même catastrophique, puisqu’il s’agit là du deuxième pire premierer semestre enregistré par la France dans son histoire. Quant à « confirmer les bons résultats », il y a là de quoi également grincer des dents, alors que pendant ce temps, la balance commerciale française (tous types d'échanges compris) n’a eu de cesse de se dégrader depuis 2019, passant de -56,9 milliards d’euros au record abyssal de -163 milliards d’euros en 2022. On est bien loin du dernier excédent commercial de l’Hexagone, enregistré en 2002.

Un peu plus tôt dans la journée, c’est le ministre délégué au Commerce extérieur Olivier Becht qui s’est livré à un difficile exercice d’après-vente de ces tristes résultats. Dans une tribune publiée dans les Echos, l'heure est à l'autosatisfecit : « Si notre balance commerciale reste déficitaire (…), des signaux positifs apparaissent », a-t-il avancé avant d’affirmer que « la France tire largement son épingle du jeu, malgré une conjoncture internationale peu propice et un commerce mondial qui tourne toujours au ralenti ». Il est bon de rappeler que l’on parle toujours ici du deuxième déficit semestriel de notre...

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