Barrages hydrauliques : l’UE libère la France sous conditions
ARTICLE. Le conflit de quinze ans qui oppose Paris à Bruxelles sur les concessions des barrages hydrauliques français est en passe de se résoudre. Mais la France devra se soumettre à nouveau à une aberration économique qui n’est pas sans rappeler le défunt Arenh, si décrié.
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Il en aura fallu des années, des rapports et des négociations pour qu’enfin, l’immobilisme qui sévit sur les barrages hydrauliques en France puisse se dégager de la vindicte bruxelloise. Depuis 2010 la Commission européenne reprochait à la France — avec son système de concessions de barrages accordés en grande partie à EDF — de ne pas respecter les règles de mise en concurrence prévues par le droit européen. Ce jeudi 28 août, Matignon a publié un communiqué, se félicitant de la signature d’un accord de principe entre Paris et Bruxelles, visant à dégeler la situation.
« C’est une excellente nouvelle », s’est félicité François Bayrou qui obtient peut-être ici la principale victoire politique concrète de son mandat. Désormais, la voie est libre pour « lever cette situation de blocage et relancer les investissements dans les barrages hydroélectriques français ». Loin d’être anodin, ce blocage de quinze ans constituait le frein principal pour EDF — qui détient 80 % des concessions sur notre territoire — et Engie pour moderniser et accroître la productivité des barrages existants. En 2024, ces édifices ont engendré plus de 13,9 % de la production d’électricité en France pour une capacité cumulant à 25,6 GW.
D’après le député Raphaël Schellenberger (ex-LR), ex-président d’une commission d’enquête sur la souveraineté énergétique de notre pays, plus de 1 GW de capacité supplémentaire — soit l’équivalent d’une demi‑tranche de centrale nucléaire et une augmentation de l’ordre de 4 à 5 % de la production du parc hydraulique — pourrait être dégagé sans construire aucune nouvelle installation. De son côté, le PDG d’EDF, Bernard Fontana se veut également ambitieux et a annoncé, en audition face aux parlementaires, un objectif de développement de cette capacité renouvelable de 20 % (soit 4 GW), en incluant de nouvelles installations comme des stations de transfert d’énergie...