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Énergies marines renouvelables : le fiasco industriel de Naval Group

09/02/2021

ARTICLE. Après avoir investi douze ans dans les énergies marines renouvelables, le groupe Naval Group a décidé d'arrêter cette activité pour se recentrer sur son activité principale, le militaire naval. La filière des "ENR" n’était pas rentable et l’entreprise avait essuyé plusieurs échecs.

Énergies marines renouvelables : le fiasco industriel de Naval Group

Pour Naval Group, c’en est terminé des énergies marines renouvelables ; le géant industriel français met un terme définitif à son aventure écologique. La nouvelle a été annoncée vendredi 5 février, lors d’un conseil d'administration. Le groupe considère, d’une part, que les diverses technologies développées n’offrent aucune assurances de rentabilité à court ou moyen terme. Et d’autre part, que son carnet de commande militaire est suffisamment conséquent aujourd’hui, pour ne pas avoir besoin d’investir ailleurs.

Ce n’était pas le cas en 2008, quand le PDG de l’époque, Patrick Boissier, avait lancé le projet de la filière marine renouvelable au sein de l’entreprise. A l’époque, les perspectives étaient alléchantes et les estimations tablaient sur un marché de plusieurs milliards d’euros. Avec son panel de compétences acquises dans le domaine de la construction maritime, Naval Group, alors appelé DCNS, s’imaginait devenir l’un des leaders du secteur. Le site de Brest avait alors accueilli un “incubateur” de recherche et développement.

Plusieurs projets y avaient éclos. Flexblue, petite centrale nucléaire sous-marine d’une vingtaine de mètres de longueur présentée début 2011, devait devenir la figure de proue de cette nouvelle filière. Un prototype devait être construit à partir de 2013 et mis en production en 2016. Destiné aux villes côtières ne disposant pas de place pour accueillir des infrastructures nucléaires terrestres, le marché était énorme. Mais au Japon, la catastrophe de Fukushima de mars 2011 allait sonner le glas de cette initiative portée en partenariat avec Areva. Le nucléaire allait devenir persona non grata dans le monde écologique “de demain”.

Un autre projet allait connaître un triste destin : l’hydrolienne. François Hollande avait lancé le projet d’une ferme pilote en 2013 et un prototype était sorti des eaux en 2015. L’engin avait vu le jour dans le cadre d’un projet subventionné (notamment par l’ADEME ou...

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