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Gare de fret fantôme : encore un gâchis français

ARTICLE. Inaugurée voilà maintenant cinq ans dans le nord de Paris, cette coûteuse plateforme de fret ferroviaire n’a accueilli aucun train de marchandise pour le moment. Un projet pourtant prometteur qui a tourné au fiasco.

/2023/02/Fret-SNCF-Paris-Chappelle


Pour une fois qu’une bonne idée était enfin mise sur rails… En juin 2018, Élisabeth Borne, alors ministre des Transports, s’était jointe à Anne Hidalgo pour inaugurer une gigantesque gare de fret ferroviaire dans le XVIIIe arrondissement de Paris. Le projet colossal étalé sur 15 000 mètres carrés devait enlever 44 000 camions par an du trafic parisien. « Un moment magique dans la vie d’un maire [...], le seul équipement logistique de ce type en Europe », se réjouissait la maire de la capitale qui anticipait « des embouteillages évités, moins de bruit et moins de pollution de l’air ». Voilà un programme qui devait enfin parvenir à concilier dynamisme économique, écologie et amélioration du cadre de vie des Parisiens. Une promesse séduisante à rebours de l’écologie punitive et déconnectée dont Anne Hidalgo est généralement coutumière.

Le projet porté par l’aménageur public Sogaris et SNCF Immobilier était celui-ci : des conteneurs de marchandises arrivés par voie fluviale jusqu’à la plate-forme de Dourges (Pas-de-Calais) et au port de Bruyères-sur-Oise (Val-d’Oise) devaient ensuite être acheminés jusqu’à la « halle logistique multimodal », première étable de l’ambitieux projet de rénovation Chapelle International. En bout de chaîne, les marchandises devaient enfin être livrées dans les rues de Paris avec des véhicules électriques, hybrides ou carburant au gaz naturel. Sur le papier, l’objectif de quatre navettes quotidiennes devait permettre de réduire les émissions de CO2 de 60 tonnes par jour.

Seulement voilà : cinq ans plus tard, de l’eau a coulé sous les ponts et aucun train n’a roulé sur ces rails. Si l’opération n’a trouvé aucun candidat, c’est que fret serait « beaucoup plus onéreux que les transports routiers », analyse François Dagnaud, président du conseil d’administration de Sogaris et maire (PS) du XIXe dans les colonnes du Parisien. Et ce « malgré les promesses du gouvernement de baisser les...

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