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PPE : la fronde monte contre les énergies renouvelables.

ARTICLE. La nouvelle PPE (Programmation pluriannuelle de l'énergie) n’en finit pas de faire parler d’elle. La volonté affichée de démultiplier les sources d’énergies renouvelables fait craindre une fragilisation du réseau, une fragilisation de notre nucléaire civil et, à terme, une explosion des coûts pour les Français.

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Sebastien SALOM-GOMIS/SIPA


D’ici 2035, « Le prix de l’électricité pour le particulier va doubler et ce sera plus de 30 % pour les industriels » s’étrangle André Merlin. L’ancien premier dirigeant de RTE, considère qu’il faudra investir chaque année de l’ordre de 15 milliards d’euros pour financer les objectifs très ambitieux de la dernière mouture de la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) en matière de renouvelable. Avec une interrogation en suspens : avons-nous seulement besoin d’autant d’électricité et si oui, les énergies renouvelables sont-elles les plus à même à répondre à la demande et à la spécificité du mix électrique français, qui repose à 67,4 % par de la production d’origine nucléaire en 2024 ?

L’époque est au renouvelable. La faute à l’Union européenne et ses objectifs très (trop) ambitieux. En l’occurrence, 42,5 % — voire 45 % — de sources d’énergie renouvelables dans la consommation brute d’énergie d’ici 2030 et une baisse des émissions par rapport à 1990 de 55 % en 2030 voire de 90 % en 2040. La France devra y contribuer, même si elle bataille pour une meilleure reconnaissance du nucléaire auprès de Bruxelles. Et pour décarboner en si peu de temps un mix énergétique global au deux tiers composés d’énergies fossiles, il n’y a pas vraiment d’autre choix que les énergies renouvelables, plus rapides à mettre en place que des EPR2 dont la conception n’est toujours pas encore définie à ce jour.

Demeure tout de même une question : produire plus d’électricité, oui, mais encore faudrait-il s’avoir si elle sera utilisée. À ce stade, sa consommation stagne. En 2024, était de 449,2 TWh, restant loin des records observés ente 2011 et 2018, autour de 480 TWh. À quoi bon alors multiplier par près de quatre la capacité de puissance installée de photovoltaïque ? Pourquoi développer 45 GW d’éolien terrestre d’ici 2035...

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