RTE alerte sur la spéculation des marchés à terme de l’électricité
ARTICLE. Les prix du marché à terme de l’électricité pour le premier semestre 2024 devraient être beaucoup plus élevés en France que chez nos voisins européens. Une « prime de risque disproportionnée », estime RTE, le gestionnaire du réseau électrique français, qui pointe le rôle néfaste de la spéculation.
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Le marché de l’électricité va continuer à faire jaser pendant de long mois. Souvent associé à la question de l’Arenh -– Accès régulé à l’électricité nucléaire historique —, ce mécanisme qui oblige EDF à brader une partie de son électricité à des concurrents, il est loin de pourtant s’y résumer. Dans sa note « Perspectives pour la sécurité d’approvisionnement en électricité pour l’été, l’automne et l’hiver 2023  » publiée ce 28 juin, le gestionnaire du Réseau de transport d’électricité français RTE pointe du doigt les perspectives à venir de ce marché : « Les prix des marchés à terme intègrent une prime de risque qui semble disproportionée » par rapport « aux risques effectifs sur l’équilibre offre -demande pour l’hiver dernier  ».
L’électricité est vendue sur le marché de gros aux divers fournisseurs en charge de la restituer ensuite à leurs clients, particuliers ou bien entreprises. Ils peuvent se fournir soit au marché — le plus fluctuant — spot, à savoir la veille pour le lendemain, soit au marché à terme, pour plusieurs mois, voire pour les années à venir. Dans ce cas précis, les prix reflètent alors « la moyenne des prix spot anticipés par les acteurs de marché sur l’ensemble de la période de livraison considérée ». Et les acteurs du marché ont eu la main lourde : anticipant des difficultés de livraison cet hiver suite aux annonces des difficultés EDF, ils vont jusqu’à proposer des tarifs atteignant les 450 euros par mégawatt/heure, là où nos voisins italiens, allemands, et britanniques oscillent entre 150 et 200 euros/MWh.
Bien qu’EDF ait réussi à régler les problèmes de corrosion sous contrainte qui frappaient une partie de ses réacteurs, les prix observés en 2022 « continuent de s’éloigner des fondamentaux, de 100 €/MWh environ », au-dessus des coûts des moyens thermiques, quand bien...
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