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Turbines Arabelle : la France toujours à la merci du bon vouloir des Américains

ARTICLE. Bien qu’annoncé en grande pompe en février 2022 par Emanuel Macron, le rachat de l’outil de production de GEAST, la filiale de General Electric qui fabrique les précieuses turbines Arabelle, patine. Sur fond de crise avec la Russie, les Américains tiennent entre leurs mains le destin de ce joyau industriel anciennement français.

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Les fameuses turbines Arabelle n'ont pas fini de faire parler d'elles. Passées sous giron américain en 2014 en même temps qu’Alstom, elles étaient censées redevenir françaises. C’est en tout cas ce qu’avait annoncé Emmanuel Macron dans son grand discours de Belfort en février 2022. Mais depuis cette annonce, bien qu’on pensait l’accord final conclu le 4 novembre 2022, les négociations patinent entre EDF qui devrait accueillir en son sein les activités nucléaires de GE Steam Power (GEAST), et General Electric, propriétaire de cette filiale.

Comme expliqué dans Marianne, les Américains de General Electric ont profité de cette quasi-décennie à la tête de l’entreprise pour inclure des composants américains dans le dispositif. Plus précisément, nous apprend le journaliste Jean-Michel Quatrepoint, « le contrôle commande de la ligne d’arbres ». C’est peut-être un détail, mais pour l’administration américaine et la souveraineté française, ça veut dire beaucoup : ce dont il est question, c'est de la mainmise décisionnelle sur les décisions françaises à l’export.

GEAST tombe sous l’ITAR (International Traffic in Arms Regulations), la réglementation américaine qui stipule que toute exportation ou réexportation est « limitée aux organismes et personnes américaines, sauf à obtenir une licence du département d’État ou de bénéficier d’une exemption spéciale ». Si la France veut vendre ses turbines Arabelle, elle devra donc demander l’autorisation de l’oncle Sam…


Naïveté française


L’enjeu est de taille, car le coût de l’entreprise est pointé du doigt par EDF qui l’estime trop élevé : 1,2 milliard d’euros, contre les 558 millions payé lors de la vente d’Alstom. Pour se justifier, les Américains invoquent un plan de charge et des exportations largement supérieures à celle de 2014. Petit hic, et non des moindres : cette revalorisation est largement liée aux contrats passés entre GEAST et Rosatom, entreprise publique russe spécialisée dans le secteur de l’énergie...

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