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Farage contre Binface : qui était le plus antisystème ?

Le souverainiste britannique Nigel Farage, chef du parti Reform UK, a regagné son siège au Parlement à l'issue de la législative partielle qui l'opposait au truculent Count Binface (Tête-de-Poubelle). Un amusant feuilleton politique qui a brouillé les frontières entre establishment et opposition… Mais un temps seulement.

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© Mike Ruane/Story Picture Agency/Shutterstock/SIPA + Victoria Jones/Shutterstock/SIPA


Le soufflé est vite retombé. Sans grande surprise, pour qui suivait les tendances politiques et les sondages britanniques : avec 63% des voix, Nigel Farage, leader du parti souverainiste britannique Reform UK, l’a emporté haut la main dans la législative partielle qui se tenait ce jeudi 13 août à Clacton-on Sea, station balnéaire de l’Essex, au nord-est de Londres. Ordinairement, l’information aurait peut-être mérité un simple filet dans l’édition du jour. Mais ce scrutin sortait de l’ordinaire : le principal opposant à Farage n’était autre que le « Count Binface » (le Comte Tête-de-Poubelle) en français, qui a recueilli 9 455 voix, soit 27% des suffrages. Un candidat satirique en costume, autoproclamé « guerrier de l’espace intergalactique » un casque en forme de poubelle sur la tête, et au programme en vingt points particulièrement décalé : Binface, qui cache l’humoriste de la BBC Jonathan Harvey, proposait par exemple un référendum pour rendre à Pluton son statut de planète, un prix plafond pour les glaces, ou encore de nationaliser la chanteuse Adele. Mais son plus grand atout lors de sa campagne a sans doute été la couverture médiatique particulièrement avantageuse dont il a bénéficié, au détriment de “Mister Brexit”. De quoi faire passer, malgré lui ou pas, un candidat satirique anti-système en mascotte de l’establishment.

La presse en général raffole d’insolite. Et la presse mainstream britannique, largement acquise à la ligne anti-souverainiste du “Remain”, raffole des règlements de comptes avec Nigel Farage, qui est ce qui se rapproche le plus du diable dans la politique outre-Manche. À ce contexte s’ajoute un particularisme de la vie politique britannique, qui a une longue tradition de candidatures à vocation humoristique qui, si elles ne s’attendent en général pas à une victoire dans les urnes, visent à souligner les (nombreux) problèmes dans l’offre partisane existante. L’enquête parlementaire visant Nigel Farage (pour un...

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