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« Fascisme » en Italie : Hubert Védrine et la gauche pragmatique

ARTICLE. Interrogé dimanche 23 octobre par Darius Rochebin sur le plateau de la chaîne LCI, l’ancien ministre des Affaires étrangères a donné son point de vue sur la nouvelle Première ministre italienne Giorgia Meloni. Selon lui, son arrivée au pouvoir pourrait avoir un impact positif sur la gestion des flux migratoires par les autres pays européens.

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Hubert Védrine n’aime pas le manichéisme, et il n’hésite pas à le dire. Alors que certains assimilent la prise de pouvoir, en Italie, de Giorgia Meloni et de la coalition des droites menée par son parti Fratelli d’Italia à une réédition de la marche sur Rome, l’ancien ministre socialiste, lui, a livré au micro du journaliste Darius Rochebin une analyse autrement plus réaliste. « Je vais dire quelque chose de choquant, mais ils vont tellement embêter les autres pays européens sur la gestion des flux migratoires que si les Européens prennent sérieusement le sujet à bras le corps, ce sera un progrès collectif. Sinon vous aurez des votes bien pires que le vote italien dans tous les pays européens d’ici dix ans ».

Citant en exemples les pays scandinaves, Védrine poursuit. « Les sociaux-démocrates scandinaves ont très bien compris cela […] La première ministre social-démocrate, de gauche, danoise [Mette Fredriksen, NDLR] dit : ‘‘on ne peut pas à la fois avoir des frontières ouvertes et un État providence généreux’’ ». Rappel bienvenu que la gauche a elle aussi des arguments pour s’opposer à l’immigration débridée, et ce au nom des réalités économiques.

Revenant sur la situation italienne, le journaliste de LCI interroge : « Vous voulez dire que c’est un moindre mal ? » Réponse de Védrine : « Ça peut même être une sorte de bien, si cela entraîne une réaction pour refaire un Schengen qui marche et qui négocie avec les pays de départs. On ne peut pas laisser l’Italie en première ligne sur ces sujets ». La refonte de l’espace Schengen est une vieille marotte, proposée en son temps par Nicolas Sarkozy. Cette éventuelle refonte entraînerait donc une remise en cause de l’une des quatre grandes libertés de circulation de Schengen (personnes, marchandises, services, capitaux), à savoir celle des personnes. La libre circulation de tous les facteurs de production...

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