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Justice prédictive : quand Tirésias s’invite à la Cour

28/08/2021

OPINION. Alors que la justice, pilier sociétal, se révèle être érodée par la fragile confiance du peuple, la marche en avant du numérique pourrait la transformer radicalement dans un avenir pas si lointain. Pour le meilleur comme pour le pire.

Justice prédictive : quand Tirésias s’invite à la Cour

L’affaire Sarah Halimi ayant récemment engendré pléthore de pamphlets à l’encontre d’une justice aux critères décisionnaires parfois biscornus, il semble opportun de se poser la question suivante : La justice prédictive revête-t-elle un caractère messianique aux yeux du droit et des justiciables ? Selon un sondage IFOP de 2019, 53 % de la population française n’aurait pas confiance en sa justice. Constat laissant pantois si l’on considère que l’une des composantes du triptyque étatique pourrait un jour générer plus de sceptiques que de convaincus. La lenteur des procès et l’aléa judiciaire sont les arguments liminaires de cette déficience et peuvent justement opérer une distinction des possibles buts alloués à la justice prédictive.

La justice prédictive consiste en l’utilisation d’algorithmes dans lesquels furent introduites toutes les données juridiques possibles (jurisprudences, lois…). Dans une interprétation modeste et réaliste, ce procédé serait effectif dans le simple but d’accompagner le travail des acteurs de la justice tout en assurant une meilleure défense pour les citoyens. Ici, l’intelligence artificielle fait l’office d’un Sancho Panza du droit surmené : utilisation par les éditeurs juridiques pour calculer les montants d’une pension alimentaire en cas de divorce, logiciel statistique sur les issues possibles d’un contentieux ou les positions de chaque juge français, moteur de recherches jurisprudentielles analogues à l’affaire en cours… Ces outils, à condition d’être parfaitement maîtrisés, pourraient devenir la propédeutique d’un examen juridique minutieux en permettant à tous les professionnels de s’accorder un temps supplémentaire pour la plus-value réelle que ces derniers apportent. Au sein d’un cabinet d’avocat par exemple, une étude IBM de 2018 a démontré que le gain de temps permis par les logiciels de recherches jurisprudentielles était de l’ordre des 30 %.

Pour le moment, la justice prédictive s’inscrit davantage dans une logique d’anticipation en vue d’un perfectionnement de la dialectique, plutôt que...

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