Condamnation de Marine Le Pen : le souverainisme, une circonstance aggravante ?
ARTICLE. La justice a-t-elle été tout à fait aveugle dans l'affaire des assistants parlementaires du RN ? Le délibéré du tribunal laisse pourtant entendre que le discours eurocritique du parti de Marine Le Pen aurait été retenu contre lui.
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L’affaire des assistants parlementaires du FN, et la condamnation de Marine Le Pen à cinq ans d’inéligibilité avec exécution provisoire, défraie la chronique. Rien de plus normal : le premier parti de France en électeurs perd sa candidate putative pour la présidentielle de 2027. Coup d’État politico-judiciaire, disent les uns. Le droit, rien que le droit, répondent les autres. Toujours est-il que les attendus du jugement du 31 mars publiés par Le Monde ne laissent que peu de place au doute : les biais politiques ont bel et bien eu leur place dans le verdict. Jugeons donc sur pièce :
« S’agissant du corps électoral, les manquements commis par les députés européens portent fortement atteinte à la confiance légitime qu’ils doivent inspirer aux citoyens de l’Union européenne en général et aux électeurs français en particulier. (…) Ainsi, ces faits ont porté une atteinte grave et durable aux règles du jeu démocratique, européen mais surtout français et à la transparence de la vie publique.
L’atteinte aux intérêts de l’Union européenne revêt une gravité particulière dans la mesure où elle est portée, non sans un certain cynisme mais avec détermination, par un parti politique qui revendique son opposition aux institutions européennes. »
Les reproches faits à la ligne – à l'époque franchement eurocritique – du parti de Marine Le Pen n'occupent qu'une place très périphérique dans les 157 pages du délibéré du tribunal de Paris. Mais ces quelques lignes suffisent pour ouvrir une brèche dans le narratif de l'impartialité totale de la cour.
En 2014, le Front national était en effet un parti souverainiste. Son vice-président était Florian Philippot et le parti de Marine Le Pen appelait à sortir de l’euro, et dénonçait dans son programme pour l’élection présidentielle de 2012 « l’Union européenne (…), cheval de Troie de la mondialisation ultralibérale ». Alors, du...