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Niger : les régimes autoritaires étrangers contestent en droit l’option militaire de la CEDEAO

CONTRIBUTION / OPINION. La communauté des pays d’Afrique de l’Ouest envisage une intervention armée pour résoudre la crise au Niger. Une option contestée par les gouvernements autoritaires de la région et leurs appuis étrangers.

/2023/08/Niger-Cedeao-militaire


Sous la férule de son président Bola Ahmed Tinubu (qui est aussi le président du Nigeria, fort de ses 220 millions d’habitants), la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) a annoncé, le jeudi 10 août, retenir l’option militaire pour garantir le retour à l’ordre constitutionnel à Niamey. Selon un autre membre influent de l’organisation sous-régionale, le président ivoirien Alassane Ouattara, l’opération militaire visant à restaurer l’ordre constitutionnel et à libérer Mohamed Bazoum, détenu dans des conditions indignes, pourrait démarrer « dans les plus brefs délais ». Certes, le chef des putschistes, le général Tiani, inquiet de son devenir personnel, car la sédition armée est un crime passible — selon les interprétations possibles — de la peine de mort ou de la prison à vie (Code pénal nigérien de 2018), a déclaré le 13 août à un groupe de religieux nigérians venus en médiation, « que sa porte était ouverte pour explorer la voie de la diplomatie et de la paix afin de résoudre » la crise. Mais le terme « diplomatie » est ici abusif, car la junte n’est pas un État ni même, en dépit de simulacres, un gouvernement. Le terme de « négociation » entre un État ou une personne morale internationale (la CEDEAO) et un pouvoir de fait (les putschistes) est le seul qui soit correct.

Le principal sujet serait, selon certains, de savoir si la CEDEAO pourrait déclencher une opération militaire sans une résolution préalable du Conseil de sécurité des Nations unies. On voit bien qui sont les instigateurs de cette théorie : car toute décision du Conseil est tributaire d’un éventuel veto d’un des cinq membres permanents du Conseil de sécurité, dont la Chine et la Russie…

Avant d’étudier cet argument, il faut se demander si les règles de la CEDEAO permettraient une action militaire. Or les troupes de la...

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