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Pierre-Yves Rougeyron : « L’UE implique une augmentation constante des flux migratoires »

17/01/2021

ENTRETIEN. Diplômé de l’École de guerre économique, Pierre-Yves Rougeyron est spécialiste d’intelligence économique. Président du think tank souverainiste Cercle Aristote, il est aussi directeur de publication de la revue d’analyse géostratégique Perspectives Libres. Nous l’avons interrogé autour de la polémique « Frontex ».

Pierre-Yves Rougeyron : « L’UE implique une augmentation constante des flux migratoires »

Front Populaire : L’Office européen de la lutte antifraude (OLAF) a ouvert une enquête mardi dernier contre Frontex, l’Agence européenne des frontières, pour refoulement illégal de migrants. L’UE tente-t-elle de redorer son blason abîmé par la crise migratoire de 2015 ?

Pierre-Yves Rougeyron : Pour comprendre ce sujet, il faut prendre en compte quelques considérations préalables. Pour l’UE, l’immigration ne sera jamais un problème pour trois raisons : D’abord, elle véhicule une idéologie du grand effacement des nations. De ce point de vue particulier, elle considère que les immigrés arrivent dans un territoire de 500 millions de personnes. Bien entendu, c’est une vue de l’esprit car l’immigration se concentre sur cinq ou six pays (France, Italie, Espagne, Allemagne, Pays-Bas, Suède). Ensuite, le pays qui dirige l’Union européenne, à savoir l’Allemagne, en a besoin pour des raisons à la fois économique et démographique. Enfin, la libre circulation des personnes – qui est en fait largement la traite des travailleurs - est dans l’ADN de l’UE depuis l’Acte Unique (1986) avec la libre circulation des marchandises (libre-échange), des capitaux (financiarisation) et la liberté d’établissement (fin de la préférence nationale économique).

FP : A quoi a-t-on affaire ici, alors ? Un jeu de rôles ?

PYR : D’une certaine façon, oui. L’UE n’a jusqu’ici jamais hésité à faire jouer à ces organes des rôles de bons ou de méchants flics, selon les circonstances, pour arriver à ses fins. L’UE a une volonté : l’effacement des États-membres (enfin de la majorité d’entre eux) comme nations souveraines. Ici, le but de la guerre idéologique est d’obtenir que Frontex ne mette plus du personnel à disposition des États connaissant une tension migratoire (ce qu’une agence intergouvernementale, sans fonctionnaires richement payés à Varsovie, ferait sans doute mieux), mais donne des ordres directement aux autorités nationales. Pour ce...

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