politiqueFPContenu payant

Pour passer l’hiver, l’Allemagne mise… sur le nucléaire français

ARTICLE. En matière d’énergie, l’Allemagne fait-elle n’importe quoi ? En réalité, son « Energiewende » , sa transition énergétique à rallonge qui vise à définitivement se passer du nucléaire repose sur… le nucléaire français.

/2023/06/robert-habeck-allemagne-nucleaire


Certains du côté d’EELV ou de LFI vont voir trouble. Ou, au moins, faire mine de ne pas s’y intéresser. Posons le contexte : le nucléaire allemand n’est plus, depuis la fermeture de ses trois dernières centrales en avril. 6 % de la production d’électricité du pays a alors disparu, ainsi qu’une capacité de 4 GW annuels. Bien que cette mise à l'arrêt ait été retardée de plusieurs mois afin de passer sereinement l’hiver 2022-2023, on pensait l’Allemagne parée à affronter le suivant sereinement. Après tout, on ne prend pas ce genre de décision à la légère, en théorie. Et en effet, il s’avère que Berlin a bien un plan en tête. Le voici : pour lutter contre le froid et la nuit en décembre, elle s’en remettra… au nucléaire français. Comme c'est commode.

D’après le quotidien allemand Bild,  l’Agence fédérale des réseaux allemands, la Bundesnetzagentur, a publié une analyse qui montre la fragilité actuelle de l’Allemagne depuis sa regrettable décision d’avril 2023. De largement exportatrice d’électricité en janvier (3,9 millions de mégawattheures), la donne a depuis totalement changé, à tel point qu’en mai, l'Allemagne a importé 3,5 millions de mégawattheures d’électricité. Dans son analyse des besoins, l’agence table sur une disponibilité de l’électricité nucléaire importée de France. Interrogé par Bild, Michael Kruse, spécialiste de l’énergie et membre du FDP (parti libéral) qui appartient à la coalition au pouvoir dirigée par Olaf Scholz, s’agace : « La transition énergétique des Verts repose en grande partie sur le nucléaire de la France ».

Cette situation n’est pas sans rappeler les reproches qu’avait adressés à la France le ministre allemand de l’Énergie, l'écologiste Robert Habeck, en septembre 2022. Son camp désapprouvait alors sa décision d’accorder un sursis de plusieurs mois aux trois centrales, dont la fermeture était initialement prévue pour décembre 2022. Il avait alors fait porter...

Vous aimerez aussi