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Pourquoi la France doit reconnaître la République d'Artsakh (Haut-Karabakh)

26/11/2020

OPINION. Si un accord de cessez-le-feu est effectif au Haut-Karabakh depuis le 10 novembre, la question du statut de ce territoire demeure et a d'ores et déjà été portée à l'ordre du jour de nos deux assemblées, le Sénat votant d’ailleurs hier en faveur de la reconnaissance de la République du Haut-Karabakh.

Pourquoi la France doit reconnaître la République d'Artsakh (Haut-Karabakh)

Tandis que l'exécutif français tente de reprendre son siège à la coprésidence du Groupe de Minsk (l'accord entre les deux belligérants a été entièrement géré par la Russie), le Sénat a d'ores et déjà voté le 25 novembre une résolution portant sur "la nécessité de reconnaître la République du Haut-Karabakh". L'Assemblée nationale doit également examiner prochainement une proposition de résolution sur la reconnaissance de la République d’Artsakh, nom arménien du Haut-Karabakh. Quels sont les éléments de fond ?

1) Le Haut-Karabakh, une région de l'Azerbaïdjan ?
L'Azerbaïdjan en tant qu'État n'apparaît qu'en 1918.
En 1918-1921, le Karabakh fait partie de l'Arménie, et il a été continuellement habité par les Arméniens depuis l'Antiquité.
C'est une décision de Staline en 1921, entérinée en 1923, qui fait basculer le Haut-Karabakh sous pavillon azéri.
Une décision non fondée sur le droit mais sur de délétères (l'histoire le montrera) calculs géopolitiques : complaire au pouvoir pétrolier de Bakou ainsi qu'au nouvel homme fort de la Turquie, Mustafa Kémal. Or, l’idéologie panturquiste rêve d’un espace homogène turc du Bosphore à la mer Caspienne. Idéologie ayant été une des causes du génocide des Arméniens ainsi que des Syriaques et des Grecs pontiques de 1915 à 1923, et ayant ainsi conduit à la suppression de toute diversité culturelle d’Anatolie.
Profitant d'une Arménie exsangue, Staline cède également la région de Kars et Ardahan à la Turquie, le Nakhitchevan à l'Azerbaïdjan, exauçant par là le rêve d'une frontière commune avec la Turquie. Enfin, en bon Géorgien, il octroie le Djavakh à la Géorgie ; autant de terres historiques arméniennes. « À celui qui a, on donnera, et il aura encore plus ; mais à celui qui n’a pas, même le peu qu’il a, on lui prendra », que l'Arménie se le dise.


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